La Voie du dragon, une légende chinoise dieselpunk

Après avoir mis en image le récit du conflit sino-japonais dans Nankin, la cité en flammes, un drame historique poignant, Ethan Young se lance dans la fantasy avec La Voie du dragon, un roman graphique qui réunit habilement conte chinois et rétrofuturisme. Cette aventure originale parle de famille, de trahison, d’amitié, d’héritage culturel et met en scène un chat géant des plus adorables !

Minuit

Le prince Sing est l’héritier du clan Wong, qui a dû abandonner ses terres devenues infertiles pour se lancer dans un voyage périlleux vers le Vieux Pays. Le Vieux Pays, c’est le territoire mythique de leurs ancêtres, celui que les Wong ont dû fuir il y a des siècles et au sujet duquel une prophétie prédit leur retour. Mais pour y parvenir, ils devront traverser la terrible Voie du dragon où règne le clan Komodo, leurs ennemis jurés. Après une attaque, Sing se retrouve séparé des siens. Heureusement il rencontre Ming, un vieux mystique qui lui révèle des secrets sur la prophétie qui annonce le retour d’un héros au Vieux Pays et le monstre qui est censé y demeurer. Ce monstre, c’est Minuit, une chatte géante qui va se lier d’amitié avec le jeune prince. Ensemble, ils vont affronter déceptions et trahisons pour tenter de sauver les Wong et de rétablir la paix entre les clans.

Rétrofuturiste

Avec La Voie du dragon, Ethan Young offre une histoire plurielle, aussi bien dans son style que dans ses enjeux. L’univers est original, avec sa culture très inspirée des légendes chinoises et sa ville mécanique mobile qui évoque la technologie dieselpunk de Nausicaä ou des œuvres telles que Shadow of the Ring

Le sous-texte écologique est présent, bien qu’il ne soit pas le sujet principal, l’auteur lui préférant la notion d’héritage, au sens large, celui imposé par la culture et la famille autant que celui qui échoit par les circonstances de la vie. Sing a grandi bercé par les légendes que lui contait sa mère, légendes qui se révèlent bien loin de la vérité que son peuple a depuis longtemps oubliée. Le récit glisse petit à petit vers une question aussi bien personnelle que sociétale, qui n’est pas sans rappeler des œuvres comme Les Enfants de la baleine : peut-on encore reprocher la faute des aînés à des descendants qui ignorent que leurs ancêtres l’on commise ?

Bien que le roman graphique aurait mérité quelques pages en plus pour mieux développer les relations entre ses personnages, il reste une aventure agréable, prenante et visuellement impeccable. Le style de Young est fluide, les couleurs parfaites et sa manière de décomposer les actions rapides d’un personnage dans une même image plutôt originale.

Entre conte traditionnel et épopée dieselpunk postapocalyptique, La Voie du dragon est une excellente bande dessinée, qui aborde l’histoire, la famille et la loyauté au travers d’une aventure passionnante. 

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