Pandora Hearts, tome 4 : des découvertes au détriment du rythme

Le troisième tome de Pandora Hearts présentait un début de déclin de la série, avec un rythme plus hachuré et marqué par les prémices d’une romance prenant de la place. Ce quatrième volume de l’édition perfect de l’oeuvre de Jun Mochizuki, publié en septembre 2025, relate la suite des aventures d’Oz Vessalius et Alice, perdus entre les temporalités et les différentes vérités de l’histoire de leur pays. Toujours parfaitement soigné par Ki-oon dans une édition généreuse, aux pages colorées et doté d’un marque-page exclusif au premier tirage, ce volume met en lumière des personnages encore peu vus.

Les Baskerville attaquent !

Vincent Nightray a kidnappé Sharon pour proposer un arrangement à Xerxes : que celui-ci détruise la clochette du Chat du Cheshire contenant le souvenir d’Alice qui pourrait faire toute la vérité sur la tragédie de Sablier survenue il y a cent ans. Parallèlement, pour se changer les idées des récents événements et de son arrivée remarquée dans les locaux de Pandora, Oscar emmène Oz à l’école pour retrouver Ada, sa petite sœur, qu’il n’a pas revue depuis son exil dans l’Abysse. C’est alors que le jeune homme se fait kidnapper par trois membres des Baskerville qui ont très envie de poser des questions à l’esprit de Jack Vessalius possédant son jeune descendant…

B. et E.

Ce quatrième volume de Pandora Hearts est bien moins centré sur l’action, contrairement aux tomes précédents, et permet donc de se focaliser sur des personnages montrés seulement en surface jusqu’ici, et ce, au gré de scènes émotionnelles. Les lecteurs et lectrices auront la joie (ou la tristesse, en l’occurrence) d’apprendre à connaître la réelle personnalité ainsi que le passé de Break, personnage principal, mais pourtant tellement mystérieux, si bien que rien – ou presque – n’était connu de lui avant ce volume. Son passé déchirant est une avancée majeure dans l’histoire de Pandora Hearts, tout comme la vérité concernant la tragédie de Sablier. Ce tome est aussi l’occasion d’en découvrir un petit peu plus le caractère d’Echo, personnage effacé, discret, voire invisible, qu’il a été possible d’entrapercevoir au sein d’un des premiers volumes, mais qui s’est ensuite totalement volatilisé sans explication. Ici, Echo se trouve une âme, ce dont elle semblait dépourvue.

Un rythme déclinant

Jun Mochizuki possède un talent qu’elle met à profit pour sa série : placer de terribles moments creux entre des passages plus palpitants ! Ce tome est, comparé aux précédents, d’une lenteur assez inédite. L’autrice avait précédemment éparpillé des petites longueurs, mais rien en comparaison de ce qui prend place au sein de ce double volume, qui ne contient presque aucune action. Cela forme un mélange très peu digeste, avec un apport alourdissant de révélations qui s’enchaînent. L’autrice, par le mélange informe et confus qu’elle donne à sa série, cherche définitivement à se rapprocher du style narratif d’autres mangakas au rythme lacunaire et au ton doucement gothique auquel Pandora Hearts s’essaie : CLAMP, Kaori Yuki, Hiromu Arakawa, etc. Le problème est que, contrairement à celles-ci, Mochizuki n’arrive pas à rendre le tout intelligible et c’est pour cela que Pandora Hearts devient un ensemble de plus en plus brouillon d’informations. Même si la série a un côté palpitant – un point positif à toutes ces révélations successives –, des intervalles (peut-être trop nombreux et envahissants parfois) comiques et des épisodes émouvants, voire tragiques, il devient difficile d’avoir en tête l’intégralité des événements de l’intrigue, ce qui est bien dommage, puisqu’il s’agit du point central de la série.

Le quatrième volume double de Pandora Hearts présente autant de points positifs que négatifs. Il y a un retrait conséquent de l’action, ce qui permet de focaliser l’attention des lecteurs et lectrices sur la psychologie des personnages principaux ainsi que sur la personnalité des secondaires. Cependant, ce retrait entraîne de trop nombreuses révélations, qui commencent à rendre l’histoire de plus en plus absconse. La moitié de la série approche et, avec cela, peut-être, la vérité sur la tragédie de Sablier…

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