Pandora Hearts, tome 3 : amour et intérêts au (terrible) pays des merveilles

Après un second tome focalisé sur la psychologie de ses personnages, le troisième volume de l’édition Perfect de Pandora Hearts de Jun Mochizuki, publié en juillet 2025, relate la suite des aventures d’Oz Vessalius et Alice entre les dimensions, se rapprochant de la vérité. Toujours parfaitement soigné par Ki-oon, cette édition généreuse, aux pages colorées et dotée d’un marque-page exclusif au premier tirage, fait prendre de nouvelles directions scénaristiques à la série.

Quatre duchés, un ennemi et un chat

Après qu’Oz a réussi à sortir de l’Abysse par ses propres moyens, il est recueilli par la famille de Sharon, les Rainsworth. Xerxes et elle lui proposent alors de travailler pour le compte de Pandora, une société qui cherche des informations sur l’Abysse et qui traque les contractants illégaux (des personnes qui ont noué un pacte avec une Chain et qui s’en prennent aux humains). Sa première mission : appréhender un contractant illégal qui fait des ravages dans la ville d’à-côté. Pour sa part, c’est en explorant quelques ruelles après un concours de circonstances qu’Alice se retrouve transportée dans une dimension parallèle : l’antre du Chat du Cheshire, dont le propriétaire semble en avoir après ses souvenirs.

Les prémices d’une romance

Dans ce volume, un changement s’opère petit à petit, de façon assez discrète, bien que préméditée par les précédents tomes : la relation entre Oz et Alice semble prendre une allure romantique. Si leurs échanges étaient jusque-là pleins d’entrain, teintés de méfiance et d’ironie, semblables à des chamailleries, il est possible de noter qu’émerge une forme d’attachement entre les deux personnages. Oz Vessalius souhaitait impérativement retrouver les souvenirs d’Alice parce que cela lui aurait également permis de trouver des réponses concernant le passé de sa famille, mais force est de constater que cette envie altruiste est aussi motivée par l’affection naissante qu’il éprouve pour son amie. De plus, Alice au comportement si explosif et impénétrable, laisse entrevoir une petite vulnérabilité charmante, renforcée par une jalousie inconsciente. Cette double évolution, subtile mais notable, apporte une dimension émotionnelle exclusive et forme un équilibre avec les aventures des jeunes protagonistes liée à l’Abysse.

Une tragédie séculaire

À travers les nombreuses révélations que l’autrice distille au fil des chapitres, une tragédie à l’origine de l’intégralité des problèmes des personnages et de la création de Pandora se dessine peu à peu. Mochizuki arrive à gérer raisonnablement les détails concernant ce drame lié à Sablier, l’ancienne capitale du pays, sans trop en dire. L’histoire prend alors une tournure presque mythique, où tout découle de cet événement dont personne ne sait rien et sur lequel tout le monde enquête. Entre fragments d’une mémoire  déchirée et pressentiment collectif, les lecteurs et lectrices peuvent entrevoir, grâce à ce troisième volume, la profondeur de la tragédie qui sous-tend et conditionne l’univers de Pandora Hearts.

L’émergence du creux

Le tome se conclut toutefois avec une tonalité plus légère, en rupture totale avec les enjeux dramatiques soulevés pendant sa première moitié. L’épisode final occupant les derniers chapitres ressemble légèrement à du remplissage forcé et lourd, regorgeant de scènes humoristiques liées aux interactions entre les personnages. Si ces passages sont les bienvenus, ils donnent l’impression de ralentir temporairement les enjeux de l’intrigue principale. Aussi, l’intérêt amoureux qui naît entre Oz et Alice prend davantage de place, ce qui a pour défaut de reléguer au second- plan les mystères de l’Abysse, qui maintiennent le lectorat en haleine depuis le commencement.

Le troisième volume de l’édition Perfect de Pandora Hearts est légèrement en deçà des tomes précédents. Entre l’envie de maintenir en haleine un public déjà conquis par les aventures d’Oz et Alice, mais également la volonté de l’autrice d’attirer un public intéressé par la romance et la comédie – tonalités assez absentes au début de la série –, Jun Mochizuki continue de tisser une toile narrative complexe et intrigante entre souvenirs, passé enfoui et révélations semblant cacher de nouveaux mystères.

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