Quand il s’agit de parler aux geeks, Aurélie Wellenstein et Thomas Labourot savent y faire : des chats, une cité cyberpunk et un MMORPG au Japon féodal… Voilà le cocktail de Cybercats – Cat’n’Slash, une BD publiée chez Drakoo qui n’oublie pas d’aborder des sujets très sérieux entre ses scènes d’humour et de bagarre.
Enquête
Dans un futur où les animaux augmentés sont devenus de véritables citoyens, Azuki est un chat qui survit grâce à de petits boulots de livraison au sein de la mégalopole de Néo Vertica. Ici, tout le monde joue à Kensei, un jeu vidéo qui plonge ses joueurs et joueuses au sein d’un Japon médiéval délicieusement dépaysant dans un monde où la nature a presque disparu face à l’urbanisation. Mais depuis quelque temps, certaines personnes tombent dans le coma après avoir joué au titre. Lorsque le petit frère d’Azuki est touché, ce dernier, accompagné de ses amis Kuro et Mei, décide de mener l’enquête depuis l’intérieur du monde virtuel.
Entre réel et numérique
Sous son air de .hack//, dont l’univers reposait sur le même principe de MMORPG qui plonge ses adeptes dans le coma, Cybercats propose une aventure qui ne se contente pas d’immerger ses personnages dans un monde numérique, mais qui aborde aussi les connexions entre identité sur les réseaux et vie réelle. Outre son histoire japonisante pleine d’action au sein de Kensei, l’album fait aussi évoluer son enquête dans les rues de Néo Vertica en parallèle.
Si le récit flatte les joueurs et joueuses avec de nombreuses références (création de personnage, levelling, PNJ…), il ménage les néophytes de son public grâce à Azuki, qui découvre les jeux vidéo pour la première fois. C’est son regard qui permet de faire le pont entre univers virtuel et monde extérieur. Ainsi, il pointe la dissonance qu’il peut y avoir entre les comportements en ligne et dans la vie, mais aussi le paradoxe qu’il y a à explorer de vastes étendues virtuelles pour mieux délaisser une nature bien réelle. Et si son sous-texte est tout à fait sérieux, Cybercats est aussi un excellent album jeunesse, aux dessins colorés, adorables (on parle de chats ninjas en même temps…), mais également très détaillés, mélangeant avec brio une esthétique qui s’inspire autant de la culture japonaise que du cyberpunk.
| Plutôt que de se contenter d’une aventure dans le métavers classique comme on en voit souvent dans l’imaginaire (de Sword Art Online à Ready Player One), Cybercats propose d’interroger notre rapport à la technologie, et la déshumanisation qui peut en découler, avec une intelligence et une sensibilité bienvenue. Bien que l’album propose un récit complet, rien n’empêchera Azuki, Mei et Kuro de revenir pour une nouvelle enquête. C’est en tout cas ce qu’on espère ! |
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