Le dernier manga d’Anju Hino, La Fiancée du clan Kyougane, mêle fantasy japonaise, romance, action et humour. Pourtant, quand il s’agit de parler de chasseurs de démons, de combat au katana et de créatures repenties, difficile de passer après Demon Slayer. La touche de romance du récit suffira-t-elle à rendre cette nouveauté du catalogue Ki-oon incontournable ?
Mariés au premier regard
Kuro, chef du clan d’exorcistes Kyougane, s’est promis d’anéantir tous les démons du pays. Obsédé par sa quête, il est loin de voir le mariage comme une priorité, mais il faut pourtant bien assurer la descendance de sa légendaire famille, connue pour avoir vaincu le terrible renard à neuf queues. Il finit par accepter de prendre pour épouse Fuyu, une des rares volontaires aux fiançailles. Cependant, lors des noces, Kuro découvre le secret de ses ancêtres : ils n’ont jamais vaincu le renard à neuf queues et se sont contentés de sceller un pacte avec lui ! En échange de la paix, chaque chef doit lui offrir sa femme en sacrifice… Inconcevable pour le jeune exorciste ! Il abat le monstre, mais l’âme de ce dernier trouve refuge dans le corps de la mariée, désormais possédée par un redoutable ennemi… Peu importe, Kuro a juré fidélité à Fuyu, pour le meilleur et pour le pire !
Cliché
Sur le papier, La Fiancée du clan Kyougane semble jouer de son scénario propice aux quiproquos pour allier humour, tension et action, mais, dans les faits, le manga ne parvient pas à convaincre. Trop classique, le récit enchaîne les clichés, dont certains qu’on aimerait voir disparaître tant ils sont vieillots : l’idée de l’amour inconditionnel qui implique de tout sacrifier, y compris soi-même, notamment. Tout va trop vite, Kuro et Fuyu ne se connaissent même pas, mais parlent de leur amour comme s’ils avaient déjà plusieurs années de vie commune. De même, le jeune homme (bien jeune pour être un chef de clan surpuissant) ne cesse de répéter à l’envi que sa mission passe avant tout… pour trahir son ordre au nom de cette épouse qu’il connaît à peine. Et si certaines scènes arrachent effectivement un sourire, l’ensemble se montre trop convenu.
Graphiquement, néanmoins, rien n’est à reprocher à Anju Hino, si ce n’est, peut-être, une forte inspiration du côté de Berserk chez ses créatures démoniaques. On soupire tout de même fort devant l’éternel personnage secondaire féminin badass à la poitrine qui défie la logique, là encore assez peu inspiré. On se console avec des scènes de combats plutôt bien chorégraphiées et travaillées.
| Peut-être que le tome 2 de La Fiancée du clan Kyougane parviendra à redresser la barre en détournant les codes que le premier s’échine à suivre, mais, en l’état, cette nouveauté se montre tout au mieux divertissante. Dommage, le pitch présentait pourtant du potentiel. |
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