Publié chez Bragelonne, Dark Skies de Danielle L. Jensen est le deuxième tome de la série, après Dark Shores, même si ce récit ne constitue pas vraiment une suite directe du premier. Les personnages que le narrateur suit sont différents, avec seulement quelques références aux événements du premier volume. On reste dans une romantasy avec une touche militaire, mais cette fois, le mélange fonctionne moins bien que dans Dark Shores, l’originalité n’étant plus une surprise.
L’histoire
Deux amies séparées. Une mer Sans Fin. Un océan de mensonges et d’aventures. Lorsque Lydia décide de se mêler des intrigues de l’homme le plus puissant de Celendor, elle met au jour un complot qui cause sa perte. Pour échapper à son tragique destin, elle parvient à fuir de l’autre côté de la mer Sans Fin, où elle se découvre des pouvoirs très convoités…
Killian a été marqué par le dieu de la guerre, mais il a échoué à repousser les armées du Corrupteur qui envahissent désormais son royaume. Tombé en disgrâce, il s’engage à protéger la princesse héritière de Mudamora, et se retrouve empêtré dans des conspirations politiques qui mettront son serment – et son cœur – à rude épreuve.
Alors que le royaume sombre peu à peu, Lydia et Killian scellent un pacte afin de sauver la vie de ceux qui leur sont chers. Mais une menace à laquelle rien ne les préparait plane sur le monde… et entre devoir et désir, il est parfois difficile de s`y retrouver.
Un manque de rythme
Le principal problème de ce roman vient de son rythme. Le roman change de narrateur à chaque chapitre, ce qui empêche la tension de vraiment s’installer puisque nous passons constamment d’un personnage à l’autre sans avoir le temps de rester suffisamment longtemps avec eux pour s’imprégner de l’atmosphère des scènes. Il faut attendre environ la page 200 pour que les deux protagonistes se retrouvent enfin, et ce n’est qu’à partir de là que le récit devient plus fluide.
Ce manque de rythme est dommage, car le premier tome avait réussi à proposer un univers assez original. Ici, tous les personnages sont beaucoup plus stéréotypés et leurs relations donnent parfois l’impression d’être celles d’adolescents alors que, bien qu’ils aient à peine vingt ans, ils sont en pleine période de guerre et à la tête des plus grandes familles du royaume. Même lorsqu’ils développent progressivement des sentiments l’un pour l’autre, leur relation ne devient finalement pas vraiment une romance, la psychologie des personnages étant totalement mise de côté, ce qui peut être assez frustrant pour un livre présenté comme de la romantasy.
L’écriture n’aide pas toujours non plus à rendre la lecture plus agréable. Le vocabulaire reste très simple et la traduction y est peut-être pour quelque chose : certains passages deviennent même difficiles à suivre lorsqu’il y a plusieurs personnages dans une même scène et que les pronoms comme « il » peuvent désigner plusieurs personnes. Il faut parfois revenir en arrière pour comprendre qui fait quoi.
Mais de bonnes idées autour du système de magie
Le roman possède pourtant quelques bonnes idées, notamment concernant son système de magie. Le principe des bénédictions accordées par les dieux envers quelques humains est intéressant, tout comme l’idée que la foi puisse directement influencer la puissance d’un personnage béni. Cela donne une dimension assez particulière aux affrontements et permet de lier la magie aux croyances des différents peuples. Ce système de magie aurait cependant pu être traité avec davantage de créativité. Par exemple, les personnages pouvait l’utiliser de différentes manières selon leur personnalité. Mais ces derniers étant peu développés d’un point de vue psychologique, cette façon d’exploiter la magie devient impossible.
| En résumé, Dark Shores reste une lecture assez moyenne, surtout quand on le compare au potentiel du premier tome. Le concept de magie liée aux dieux et à la foi est intéressant et le contexte militaire apporte quelques bonnes idées, mais le rythme du début, les personnages stéréotypés et les relations parfois enfantines rendent l’ensemble moins convaincant. |
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