Anhuman est le premier manga publié par Yvan Narfez chez les toutes jeunes éditions Raion. Son travail se portant sur l’art du silent manga, c’est sans mot, sans bruit, que le mangaka raconte comment le monde pourrait envoyer une créature vengeresse, qui ne prendrait pas de gants blancs pour sauver la faune et la flore de sa destruction par l’humanité.
L’histoire
Le monde se meurt. À cause des humains. La banquise fond, les explosions atomiques et les essais nucléaires se multiplient, les forêts sont rasées, les animaux et leurs habitats massacrés. Alors, du fin fond d’un temple, sort une créature recouverte de cadavres d’animaux. Elle se défait de son sinistre manteau et se révèle aux explorateurs humains devant elle : corps humanoïde, tête de mandrill, rage de guerrier. Le combat commence tout de suite entre les hommes et l’hybride, le premier d’une longue série d’affrontements sanglants et brutaux.
Un tracé extraordinaire
Anhuman se passant complètement de mots, le lectorat ne peut que se concentrer sur les planches chargées d’Yvan Narfez pour découvrir son œuvre. Et le résultat est au rendez-vous, grâce à une profusion de détails et une maîtrise absolue du noir et blanc. Ainsi, si les cases sont bien remplies, chaque illustration est claire et saute aux yeux, avec force de mouvements et d’émotions sublimement retracées sur les visages des personnages. Anhuman a un aspect un peu vintage, par sa couverture, ce qui rappelle certains grands mangas dont l’histoire repose sur l’ampleur des combats entre les héros et les méchants.
Une destruction qui se passe de mots
Avec cette créature sans nom et sans voix, Yvan Narfez a dessiné un manga qu’il qualifie lui-même d’« éco-furieux ». Devant la détermination des hommes à détruire la planète, il ne sert plus à rien de parlementer : seuls les crocs, les poings et les griffes de l’hybride s’expriment, accompagnés de ses rugissements de rage impossibles à entendre, mais facilement devinables. Le manga ne fait aucune pause, jusqu’à une fin ouverte qui annonce manifestement un second tome. Comment Anhuman peut-il continuer de se battre, avec seulement une poignée de fauves à ses côtés, contre l’espèce humaine et sa capacité d’annihilation ?
| Comme premier silent manga, Anhuman est excellent. Il choque, il tape là où ça fait mal et se veut vindicatif. Yvan Narfez ne s’embarrasse pas de conventions ou de tendresse pour délivrer son message : seule la violence de la nature finira par répondre à celle des humains. |
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