Shannon Ali Chakraborty signe un deuxième volet plus terrible que le premier, avec des personnages subissant les conséquences de leurs choix, tous prisonniers d’une façon ou d’une autre. Cela amène, forcément, à une fin explosive et ouverte, qui oblige presque ses lecteurs et lectrices à se précipiter sur le troisième tome, et c’est un plaisir !
Plier l’échine pour mieux se redresser
Alizayd, banni de Daevabad par son père, n’est jamais arrivé jusqu’à Am Gezira. Recueilli par une tribu de djinns alors qu’il allait mourir, il met ses étranges capacités aquatiques en action pour faire naître des oasis en plein désert. Nahri s’est mariée à Munthadir et serre les dents sous le règne tyrannique et raciste de Ghassan, tout en apprenant à mieux utiliser ses pouvoirs de guérisseuse aux côtés de Nisreen. Un troisième personnage revient à la vie, encore une fois, et un coup d’État se prépare.
Je complote, tu complotes, elle complote…
Ghassan Al Qahtani est l’un des meilleurs tyrans de la littérature. Présenté comme un homme affable au quotidien, mais aux idées arrêtées et à l’autorité totale sur sa cité, il n’en reste pas moins un personnage qui montre autre chose qu’un masque de méchant constant. C’est ce qui rend tout complot préparé contre lui encore plus délicieux. Si Ghassan aime ses enfants, il n’hésite pas à faire passer ses idées et l’intérêt de Daevabad avant eux, avant qui ou quoi que ce soit, d’ailleurs. Ses convictions se heurtent à celles, plus humanistes, de son fils et de Nahri. Les scènes tendues entre le roi et les héros du roman se multiplient, alors qu’en parallèle, la tension entre Daevas et Shafits ne fait qu’enfler. Des rixes éclatent, parfois mises en scène pour provoquer le chaos. Toute occasion étant bonne pour Ghassan de punir les Shafits, il ne fait qu’attiser la colère et le désespoir chez Alizayd et Nahri, au point que, bientôt, il se murmure des désirs de renversement de l’ordre royal dans les bureaux d’un tout nouvel hôpital Shafit, récemment reconstruit à la demande de Nahri.
D’anciennes entités refont surface
Shannon Ali Chakraborty ne s’arrête pas aux intrigues politiques : elle développe plus encore les mythes djinns, notamment autour des marids, responsables de l’apparition des nouveaux pouvoirs d’Alizayd. Créatures mythologiques censées avoir disparu depuis longtemps, elles ont pris, à la fin du précédent tome, possession d’Alizayd et l’ont ressuscité pour exécuter leur vengeance à l’encontre de Darayavahoush. Dans ce second roman, les marids réapparaissent et les éfrits se promènent entre les pages. Les créatures de légende se multiplient et la magie prend de plus en plus d’importance dans l’histoire, tout en laissant de la place au développement des personnages, qui ne cessent d’évoluer de façon magnifique.
| Alizayd et Nahri sont mis à l’honneur dans une histoire plus féroce que la précédente au sein de Daevabad. Rien ne s’arrange pour les héros, qui sont constamment aux prises avec les différentes religions djinns, le passé guerrier de chaque tribu et leurs désirs personnels de paix. Malgré la hargne qui couve dans le cœur de Nahri, elle s’allie à Alizayd pour tenir tête à la fois à son beau-père, mais aussi à son mari, dont l’intérêt ne se porte que sur une seule personne sur qui la magie de guérison ne fait curieusement que très peu d’effet : Jamshid. Les complots visant les personnages ne font que se multiplier, à l’instar des interrogations à propos des marids et des éfrits. Tenez bon ! |
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