Créée par Jeffrey Addiss et Will Matthews, The Boroughs : Retraite rebelle, dont la première saison est sortie en intégralité sur Netflix le 21 mai 2026, est la toute nouvelle série produite par les frères Matt et Ross Duffer. Les deux hommes ont été rendus célèbres grâce à leur création mondialement reconnue (et qui leur aura donné des idées pour cette nouvelle œuvre) : Stranger Things.
« Il y a un hibou dans le mur… »
Peu après le décès de son épouse, Sam Cooper s’installe à contrecœur aux Boroughs, une communauté résidentielle réservée aux retraités fortunés, au sein de laquelle il a acheté une propriété initialement prévue pour lui et sa femme. Alors qu’il peine à s’habituer à la solitude et à ce nouvel environnement accompagné de ses habitants, Sam découvre qu’il se passe des événements inhabituels dans les tréfonds des Boroughs… Alors qu’il y trouve une présence surnaturelle, Sam va se rapprocher d’autres résidents pour monter un groupe afin de mener l’enquête et découvrir les secrets de cette microsociété.
Des personnages très attachants
La force de la nouvelle série des frères Duffer est la profondeur qu’ils ont su intégrer dans leurs personnages. Après la fable de jeunesse qu’a été Stranger Things, The Boroughs est une charmante aventure dans les méandres, drames, mais aussi merveilles, du troisième âge. La flopée de beaux personnages est portée par une distribution impressionnante : Alfred Molina (Feud, Indiana Jones et les aventuriers de l’arche perdue), Alfre Woodard (Desperate Housewives, Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire), Denis O’Hare (American Horror Story, American Gods), Clarke Peters (John Wick, Foundation), Geena Davis (Beetlejuice, Thelma et Louise) et Bill Pullman (Lost Highway, Torchwood) forment une dream team de retraités attachants.
À travers cette palette de personnalités, les créateurs de la série présentent une peinture humaine de l’âge vieillissant et ses difficultés : deuil, perte de repères et de mémoire, maladie et physique déclinant. Cependant, loin de faire de The Boroughs une série morne et déprimante, tout est étudié et mis en relation avec des avantages liés à cet âge, jusqu’à transformer le propos en une invitation à accepter la vieillesse et la relativiser.
Une médiocrité imposante
Si The Boroughs est une série avec une multitude de personnages amusants, une intrigue qui questionne et des effets visuels étonnants, elle n’en reste pas moins relativement médiocre. La certaine mélancolie qui rendait la première moitié de la saison si savoureuse – avec ses sujets humains, les caractères si imparfaits de ses personnages, ses larmes face à la mort d’autrui (et de soi, prochaine) – s’est retrouvée balayée par une seconde moitié complètement standardisée. Netflix produit du Netflix, et la troupe de personnes âgées émotives et apprenant à apprivoiser la fin de vie devient très rapidement une bande d’amis qui mettent en place des plans grotesques pour contrer les plans d’un groupe de monstres. Il est dommage que la série, si spéciale et humaine à ses débuts, finisse par se perdre dans des conventions entendues et sempiternelles qu’il est possible de retrouver dans l’intégralité des productions servant le divertissement de masse. Tout cela sans compter un dénouement atroce et rempli d’incohérences, d’effets visuels terrifiants et très peu crédibles, doublé d’une fin ouverte pour faire espérer une éventuelle seconde saison (qui n’arrivera jamais, puisque la série a été annulée) aux téléspectateurs et téléspectatrices.
| The Boroughs est la nouvelle création des scénaristes du Seigneur des anneaux : La Guerre des Rohirrim et des créateurs/producteurs de Stranger Things. Un tel palmarès pouvait faire espérer une bonne surprise pour cette série au synopsis intrigant, mêlant monstres surnaturels et personnages du troisième âge. Si elle débute très bien, grâce à ses discours bienveillants sur la vieillesse et les drames qui l’accompagnent, elle trouve malheureusement très rapidement son confort dans les conventions standardisées de la parfaite série fantastique sur Netflix. |
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