La Reine des épées, le retour de Corum à la robe de sang

Après un premier tome à la beauté troublante, Luca Merli et David Chauvel poursuivent leur adaptation du Cycle des épées de Michael Moorcock dans La Reine des épées.

« Je suis tous les hommes et aucun homme. Je suis de partout et de nulle part. »

Jhary-A-Conel, Corum, La Reine des épées, éditions Glénat.

La Loi et le Chaos

Malgré sa victoire sur Arioch, Corum est loin d’en avoir terminé avec les dieux du chaos. La reine Xiombarg, la sœur du chevalier des épées, est bien décidée à venger son frère et à faire déferler des hordes de créatures sanguinaires sur le monde pour annihiler la Loi. Alors que la situation semble cruellement déséquilibrée pour le prince vadhagh, un mystérieux personnage entre en scène : Jhary-A-Conel. Ce dernier prétend que le destin l’envoi, un peu malgré lui, à travers les quinze plans pour aider des héros tels que Corum. Mais sa désinvolture ne plaît pas beaucoup au comte Moidel, qui s’inquiète que l’étranger puisse être un espion à la solde de leurs ennemis.

Sublime désolation

Quel plaisir de retrouver le trait de Luca Merli, lui qui donne toute son aura à cette œuvre de dark fantasy sombre et épique. Ce tome se permet même quelques doubles pages qui subliment la désolation du royaume de Xiombarg. La série se permet une nouvelle fois de parsemer son récit de questions philosophiques : quand le Chaos n’a plus rien à détruire, que reste-t-il si ce n’est un immobilisme pire encore que la stagnation règlementée de la Loi ? Et nous rappelle également que même dans un monde manichéen peut subsister la nuance.

Celles et ceux qui en ont les moyens peuvent craquer pour l’édition spéciale noir et blanc, une pure merveille !

Corum est-il capable d’échapper à son statut de simple pion sur le grand échiquier autour duquel les dieux s’écharpent ? Pas si sûr. La quête de vengeance initiale du héros se double désormais d’une mission pour sauver les différents mondes convoités par le Chaos. Souillé par le mal qu’il combat, qui lui confère un pouvoir à la noirceur effrayante, le Vadhagh pourrait bien se laisser consumer par la haine et le dégout que lui suscitent les divinités. Le troisième tome sera décisif pour le prince.

Plus riche en action que le précédent, ce tome 2 conserve cette sensation de se dérouler trop vite et reste un peu difficile d’accès à celles et ceux qui ne connaissent pas du tout l’univers de Moorcock, néanmoins, impossible de rester de marbre devant la beauté tragique et envoutante de la réinterprétation réalisée par Luca Merli et David Chauvel.

Ouvrage reçu dans le cadre d’un service presse.

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