Les Légendes de Tuonela, Au Nord est la nuit – l’enfer est pavé de méchantes sorcières

Bienvenue dans la mythologie finlandaise réinventée par Emily Rath ! Véritable coup de cœur, ce roman offre des héroïnes féminines aussi différentes que le jour et la nuit avec un seul objectif : vaincre l’enfer finlandais, Tuonela.

Tout commence par un enlèvement

Siiri et Aina sont deux jeunes filles finlandaises qui, comme le reste de leur peuple, souffrent de l’invasion des Suédois chrétiens et craignent le mystérieux individu qui capture des filles de leur âge. À peine ces informations sont-elles données que l’histoire commence : Kalma, la déesse de la mort et de la décomposition, en compagnie de son chien-loup à queue de serpent, Surma, apparaît et enlève Aina. Siiri, terrifiée par le sort qui attend son aimée secrète, sûrement emmenée dans le royaume des morts, se lance à sa recherche. Aina, elle, se retrouve face aux figures folkloriques les plus horribles qu’elle connaisse, dont Tuonetar, reine de Tuonela, une sorcière sadique et franchement glauque.

Aussi féroce qu’une hache, aussi douce que le pelage d’un renne

Siiri et Aina s’opposent l’une à l’autre, mais ne jouent pas que sur la dualité forte / faible. Si Siiri se révèle être féroce et déterminée, n’hésitant pas à menacer déesses, sorcières et chaman, Aina est plus diplomate et c’est grâce à la force de son cœur qu’elle se fraie un chemin dans le monde obscur où elle se trouve. Par conséquent, elles sont toutes les deux impressionnantes ; il n’est donc pas question de princesses en détresse ici. La plume de l’autrice s’adapte très bien aux deux filles : le roman propose des chapitres réservés à chaque point de vue, de sorte que leur évolution à toutes les deux soit bien définie, et permet de travailler la richesse du folklore finlandais.

Un roman fourni, mais pas façon encyclopédie !

Les explications données, forcément nombreuses, car récapitulant toute une mythologie, sont travaillées de sorte à ne pas noyer le lectorat sous une masse d’informations. De plus, le tout est réparti dans des scènes d’action constantes, débordantes de sadisme et de morbidité, tout en gardant un romantisme lugubre tout du long, car empli d’espoir. On aurait presque envie de parler de « gothique finlandais ».

L’amour est au centre de l’histoire, mais pas seulement d’un point de vue sentimental : les griffes de l’amour maternel se battent contre le feu de la passion dévorante, et les deux se heurtent à la tendresse de la rédemption. La haine n’écrase jamais complètement la puissance du cœur, qui, malmenée, se retrouve toujours entre l’horreur, le courage, la peur, l’égoïsme, et les malédictions.

Si vous aimez la fantasy et la mythologie, vous adorerez ce livre. Lisez-le, partez dans le sinistre royaume de Tuonela, affrontez-y ses déesses de l’horreur, à la recherche du renard de feu qui vous protègera de la magie sombre imprégnant l’endroit.

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