Le Chien de guerre et la douleur du monde : le meilleur récit de Michael Moorcock ?

Dans (Re)Lire, nos rédacteurs se penchent sur des œuvres qui ne sont pas des nouveautés, mais qui ont marqué la littérature. Qu’il s’agisse de succès intemporels ou d’ouvrages injustement méconnus, venez (re)découvrir ces pépites du passé à nos côtés.


Le Chien de guerre et la douleur du monde est un récit souvent occulté du reste de la bibliographie de Michael Moorcock. Voici donc l’occasion de revenir sur ce roman phare, imprégné de la réflexion humaniste de l’un des plus grand auteur de fantasy de l’histoire.

« Et vous avez puni des hérétiques ?
– J’en ai vu mourir.
– Mais vous n’avez pas participé à leur massacre ?
– Non, par chance, cela m’aurait répugné.
– Mais vous pourriez punir un hérétique ?
– Madame, j’ignore ce qu’est vraiment un hérétique. Ce terme est fort employé de nos jours. On dirait qu’il s’applique à tous ceux que l’on désire voir occis.
»

Le Chien de guerre et la douleur du monde, Michael Moorcock, L’Atalante

L’histoire

La guerre de Trente Ans bat son plein. Tandis que les collines charrient le sang des affrontements entre Habsbourg et protestants, le condottiere Von Bek erre sans but après avoir abandonné ses soldats. L’homme est loin de la figure du saint : violeur, pilleur, voleur et truand, il ne s’intéresse qu’à une seule chose, sa propre vie. 

Aussi, il paraît fort peu probable qu’un grand avenir lui soit promis. Et pourtant, le voilà malgré lui embarqué au cœur d’une quête de haute volée, donnée par Lucifer lui-même, qui est ni plus ni moins que d’éradiquer la douleur du monde. Mais comment trouver une solution à un problème pareil, quand tout semble à feu et à sang et que se poussent aux portes des Enfers d’étranges entités prêtes à tout pour empêchera la fin de la guerre ? Quelles péripéties Von Bek va-t-il donc devoir affronter durant son épopée arthurienne ?

Von Bek, l’un des meilleurs champions de Moorcock

À la façon de ses cycles phares que sont celui d’Hawkmoon et d’Elric le Nécromancien, Moorcock explore la destinée d’un nouveau champion éternel (concept phare de ses écrits) rongé par le doute et la culpabilité face à une menace divine symbolisant, d’une certaine façon, la lutte de l’humanité contre ses propres travers. Chargée d’une aura épique et d’une réflexion humaniste complexe, la plume de l’auteur voltige entre de terribles affrontements et des dialogues savoureusement denses, qui amèneront les lecteurs et lectrices à reconsidérer le bien -fondé de la quête de Von Bek.

C’est en cela que le roman brille d’originalité : bien qu’ayant une structure d’heroic fantasy, il arbore un canevas historique réel qui tend à rendre plus tangibles et empathiques les tribulations de ce cher Von Bek. On ne le voit alors plus simplement comme un champion divin ou un héros arthurien, mais tel qu’il est réellement : un être humain faillible, n’arrivant jamais réellement à mesurer l’ampleur de sa mission. 

La rédemption divine et l’humanisme représentent les grands axes de réflexion de Moorcock dans ce court récit (qui deviendra ensuite une saga, mais dont la lecture des autres tomes est dispensable), tant il cherche à développer les capacités créatrices de l’humain malgré un contexte de guerre religieuse.

Le chien de guerre et la douleur du monde, avec son style ample et lyrique, ses personnages marquants et son écriture somptueuse, est clairement l’un des récits phares de Michael Moorcock à de nombreux titres.

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