Dieu Vin : mythologie éthylique

Beaucoup connaissent l’histoire d’Ariane, qui aida Thésée à vaincre le Minotaure et à quitter le labyrinthe dans lequel il était prisonnier. Moins savent que, pour tout remerciement, la princesse de Crète fut abandonnée seule sur une île par le héros grec. Ensuite, les mythes divergent, deviennent flous, contradictoires. Romain Delplancq et Sephira Riva proposent donc leur propre version dans ce récit à quatre mains où les époques et les histoires s’enchaînent au rythme des verres de vin.

« Je voudrais beaucoup de choses en même temps.
Sortir de là, sortir de Knossos. Je voudrais fuir Astérios
et en même temps, un peu, l’emmener avec moi, sur
mes minuscules épaules. Je voudrais comprendre qui
sont ces chanteurs. Ce qui m’arrive.

Et je voudrais briser les rotules de mon père. »

Dieu Vin, Sephira Riva, Romain Delplancq, Hikaya

Révélation

Seule. Condamnée. Ariane maudit Thésée. Maudit son père. Maudit Naxos. Se maudit elle-même. Et pour oublier, elle boit, boit, boit. L’amphore semble sans fond ; le vin coule à flots. Ses rêves éméchés emmènent Ariane loin, très loin dans le passé. En Égypte antique, dans le royaume sumérien des morts et même à une époque où l’humanité était autre. Et toujours il y a du vin.
Mais, sont-ce bien des rêves ?
Et si, plutôt que l’oubli, Ariane trouvait au fond de cette amphore une révélation ?

Un rythme calculé

À la fois épopée mythologique, conte philosophique et fantasy féministe, Dieu Vin est un roman atypique qui, à la manière des vignes autour desquelles il construit son récit, déploie ses vrilles avec un rythme calculé pour mieux retenir ses lecteurs et lectrices. De prime abord, difficile de savoir où nous mène le texte. Sommes-nous nous aussi avinés ? Ballotés entre ces événements à la corrélation trouble… Et puis, au crépuscule d’une longue épopée à l’origine de toutes les histoires, aux côtés du dernier dragon, du dernier auroch, du dernier devin, du premier dieu vin… Tout s’éclaire, s’emboîte, s’enroule et fleurit, nous offre les fruits d’une histoire longuement mûrie, où à l’ivresse succède la révélation.

Les grands crus, comme les bonnes histoires, ne se racontent pas, mais se dégustent. Avec ce roman surprenant, les éditions Hikaya démontrent qu’un texte à l’écriture partagée peut s’avérer aussi fin que le meilleur nectar. De fait, Dieu Vin possède indéniablement sa place dans tous les celliers littéraires.

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