Coffee Talk Tokyo, urban cosy

Après deux épisodes à Seattle, la licence Coffee Talk franchit l’océan pour poser ses valises au Japon. En conséquence, une nouvelle clientèle, issue du folklore asiatique, qui donne à ce titre d’urban fantasy un intérêt renouvelé, sans en modifier fondamentalement les principes. Adeptes de boissons chaudes, de latte art et de narration, bienvenue dans Coffee Talk !

© Chorus Worldwide Games Limited, Toge Productions

À la carte

Les amateurs du premier Coffee Talk se retrouveront en terrain connu, pour les novices, un peu de contexte s’impose. Dans ce jeu, développé par le studio indonésien Toge production, on incarne le ou la barista d’un café dans un univers d’urban fantasy, où orcs, elfes et autres créatures de l’imaginaire, coexistent dans une réalité assez proche de notre monde contemporain. Lorsque le voile de la nuit tokyoïte tombe sur la ville et que la chaleur estivale écrasante se fait sentir, certain‧es poussent la porte de notre établissement et viennent s’asseoir au comptoir pour commander une boisson, mais aussi pour discuter un peu.

Le téléphone portable permet de recenser les recettes découvertes, mais donne également toute sorte d’informations utiles. © Chorus Worldwide Games Limited, Toge Productions

Ce nouvel épisode fait intervenir quelques personnages déjà vus dans la licence, mais propose majoritairement un nouveau casting de client‧es, parmi lesquels différents yokaï japonais, du kappa au – moins connu – noppera-bō. De fait, le titre peut tout à fait être joué par celles et ceux qui n’ont jamais fait les épisodes précédents. Le jeu est avant tout narratif et consiste principalement à laisser les protagonistes dévoiler leurs problèmes en leur prêtant une oreille attentive et en accompagnant leurs histoires d’une boisson chaude ou froide. La commande est parfois directe, d’autres fois, il faudra la déduire des paroles (qui se montreront plus ou moins explicites sur les saveurs recherchées) du personnage, pour savoir ce qu’il ou elle souhaiterait boire.

Parfois, les personnages ne seront pas très exigeants, et accepteront n’importe quelle boisson contenant leur ingrédient favori. © Chorus Worldwide Games Limited, Toge Productions

Il convient maintenant de préparer la boisson idéale avec ce qui se trouve derrière le comptoir. Chaud ou froid ? Amer ou sucré ? Un nuage de lait ou une touche de miel ? Il va falloir assembler les bons ingrédients, dans le bon ordre, afin de réaliser le mélange idéal. Des combinaisons qui permettent de réaliser plus de cinquante breuvages différents, et qui intègrent cette fois-ci des aliments typiques du Japon dans de nouvelles recettes. Une boisson réussie c’est un‧e client‧e satisfait‧e et donc plus enclin‧e à discuter. Et une discussion à cœur ouvert autour d’une tasse lors d’une simple soirée au café peut changer une vie !

Allongé ou corsé

Coffee Talk est connu pour aborder, par le biais de ses personnages et des problèmes qu’ils rencontrent, divers sujets de société. Cette fois-ci, l’accent est mis sur le travail, la famille, le deuil et les handicaps invisibles. Si le casting est légèrement plus restreint que dans les épisodes précédents, c’est pour donner un peu plus de relief à l’histoire personnelle des nouveaux protagonistes. Ainsi, il y a Vin, dont les prothèses cybernétiques sont la cause d’une souffrance physique perpétuelle, Ayame, une fantôme amnésique, ou encore Kenji, un ancien employé de bureau modèle qui s’interroge sur le sens d’une vie qu’il a entièrement consacrée au travail, maintenant qu’il se trouve à la retraite.

© Chorus Worldwide Games Limited, Toge Productions

Si la mécanique principale, à savoir celle de la création de boisson, reste identique aux deux précédents épisodes, la fonction « objet trouvé », introduite dans Hibiscus and Butterfly, n’est pas de retour dans Tokyo. De façon générale, le jeu est un peu plus linéaire et semble même se montrer légèrement plus souple sur les erreurs de boissons servies aux client‧es. Cela ravira les fans d’aventures purement narratives, mais celles et ceux qui aiment y trouver des interactions régulières pourraient être frustré‧es par les longs enchaînements de dialogues.

Le jeu se déroule sur deux semaines virtuelles, avant de pointer le bout de ses derniers pixels. Chaque journée, avec son lot de boissons plus ou moins difficiles à réaliser, joue le rôle de niveau. Une fois l’une des différentes fins débloquées, ce qui prend environ cinq ou six heures, il est possible de recommencer une partie en conservant les recettes découvertes, afin de tester toutes les possibilités qu’offre le scénario ou bien de se lancer dans le mode « infini ». Ici, il est possible de tester librement les recettes à l’envi, ou de se lancer dans une succession de réalisation de boissons chronométrée. Dans ce dernier mode, les indications fournies par les personnages qui commandent deviennent de plus en plus cryptiques au fur et à mesure de l’épreuve, il faut donc se montrer perspicace et imaginatif pour réussir à les contenter et décrocher un maximum de points.

C’est de l’art abstrait ! © Chorus Worldwide Games Limited, Toge Productions

What else ?

Si Coffee Talk Tokyo ne révolutionne pas le concept de sa licence, son changement de décor se montre rafraichissant et permet d’aborder des questions relatives à la société nipponne (l’hypertechnologie, les conséquences du réchauffement climatique sur l’archipel, les différences culturelles entre Orient et Occident…), mais c’est surtout l’occasion d’un nouveau café absolument charmant et de musiques inspirés. À ce sujet, on regrette un peu que l’enchaînement entre les différents morceaux soit parfois un peu abrupt, mais sinon, la bande-son est toujours un régal. Visuellement, le pixel art se montre également aussi joli et détaillé que dans les précédents épisodes.

© Chorus Worldwide Games Limited, Toge Productions

Au moment de la réalisation de ce test, la version française du jeu comportait pas mal d’erreurs d’orthographe, de typographie et parfois de traduction (voire des absences de traduction), mais un patch de correction est déjà prévu pour la sortie. Ces erreurs n’ont, cependant, pas empêché de profiter de la tendresse et de l’humanité qui émanent de chacune des histoires qui composent son récit, au contraire de quelques bugs obligeant à redémarrer le jeu (et donc la journée, la sauvegarde s’effectuant au début de chaque niveau), qui seront eux aussi réparés d’ici le 21 mai.

Coffee Talk Tokyo est un vrai plaisir pour les fans de visual novel et d’énigmes cosy. Avec son univers d’urban fantasy moderne et son pixel art à croquer, il est servi par une histoire sincère, bienveillante et intrigante. S’il peut parfois sembler manquer de rythme, le jeu dure néanmoins juste ce qu’il faut pour ne pas être lassant et son scénario est suffisamment touchant pour maintenir les joueurs en haleine jusqu’au bout. Un titre aussi doux qu’un thé au lait (de soja) et au miel, à déguster sans modération !

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