Magical Girl Dandelion, tome 1 : le début d’une aventure sans prétention

Le 2 septembre 2026 est paru le premier tome de Magical Girl Dandelion en France, premier manga relié de Kaeru Mizuho. Nouvelle acquisition d’Akata et cible d’une diffusion médiatique majeure, l’éditeur place de grandes attentes sur ce titre mignon et bourré d’action à destination des adolescents et adolescentes.

Tanpopo, magical girl en alternance

Tanpopo n’était qu’une enfant lorsque ses parents ont été tués par un spectre, une créature issue des ténèbres. Si elle a survécu, c’est grâce à Shade, lui-même spectre, qui a eu pitié d’elle et l’a prise sous son aile, lui permettant de vivre une vie à peu près normale. Du moins jusqu’à son arrivée au lycée. Son quotient magique surpassant de très loin ceux de ses camarades, la nouvelle tombe : des pouvoirs de magical girl sommeillent en elle et pourraient bien faire d’elle une des super-héroïnes qu’elle admire tant. Néanmoins, ce faisant, ne devra-t-elle pas s’opposer à son tuteur, Shade, du clan des ennemis des jeunes filles magiques ?

Un air de déjà-vu

Magical Girl Dandelion est l’exemple typique d’un mélange savoureux qui laisse une impression de déjà-vu, et ce, à tous les niveaux. Si le personnage principal n’a pas le droit à des planches consacrées à sa transformation en magicienne (scènes pourtant si iconiques et symboliques du genre, trouvables dans Sailor Moon, Pretty Cure et de multiples autres titres), ses pouvoirs et son costume ressemblent à s’y méprendre à ceux de Puella Magi Madoka Magica.

Ce premier tome, vanté comme un renouveau du genre, cherche plutôt à accumuler les codes de la magical girl des années 2020 : une jeune fille qui arrive dans un système économique et politique où les pouvoirs sont connus de tous et appréciés (comme Magilumière Co. Ltd. l’avait fait avant, ainsi que le Magical Girl de Park Seolyeon). Héroïne adolescente découvrant ses dons, créatures maléfiques, parallèle avec la vie au lycée, rivalités, amitiés, rythme efficace, dualité des ténèbres des ennemis face à la lumière des magiciennes et affrontements surnaturels composent alors un univers immédiatement familier, qui ne surprend personne, mais qui fait du bien à lire. Pour un public adolescent, ces lieux communs font l’efficacité de la lecture et entraînent un rythme qui saura plaire sans s’éterniser dans des explications trop complexes. Cependant, reste à voir si les prochains tomes offriront du contraste ou non à cette introduction très linéaire pour accorder à l’histoire une singularité qui lui est propre, plutôt que de juxtaposer simplement des éléments narratifs vus de (trop) nombreuses fois ailleurs.

Une configuration familiale délicate

C’est l’instance familiale construite entre Tanpopo et Shade, son spectre/tuteur/parent, qui est l’élément le plus original de Magical Girl Dandelion. Si la jeune première est destinée à devenir une magical girl, elle sera fondamentalement et déontologiquement contrainte de s’opposer à celui qui l’a élevée en plus d’être son ami. Le manichéisme de la série semblait donner dans le cliché au commencement du tome, mais les quelques révélations précoces sur la nature des spectres révise légèrement cette tendance jusqu’à une belle surprise. De plus, cet affrontement entre ombre et lumière est sensible et empreint de contradiction, car comment mettre la limite entre ce qui est ennemi et ce qui ne l’est pas lorsqu’un proche fait partie des deux clans à la fois ? La frontière entre les deux partis sera l’un des enjeux les plus profonds du manga de Kaeru Mizuho, cela se sent, mais espérons que celle-ci saura évoluer et poser des questionnements plus philosophiques.

Le premier tome de Magical Girl Dandelion n’est pas ce que l’on pourrait appeler une surprise en soi. Cet aperçu ne révolutionne clairement pas le genre qu’il choisit de dépeindre, et en fait même plutôt bien la synthèse. Cependant, avec ce premier volume, Kaeru Mizuho livre une aventure rythmée, dynamique et accessible. Reste que, derrière les couleurs, la douleur du partage entre le choix du cœur et le choix de la raison produit un décalage intéressant pour le personnage principal.

Ouvrage reçu dans le cadre d’un service presse


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