Marsupilami 2 – Salsa Palombia : pour faire la nouba nouba

Plus de soixante-dix ans après sa première apparition dans une aventure de Spirou crayonnée par André Franquin, le marsupilami continue de fasciner petits et grands. Dernière preuve en date de sa popularité, le long-métrage de Philippe Lacheau sur la créature a attiré plus de six millions de spectateurs dans les salles françaises début 2026. Rien d’étonnant, donc, à voir l’emblématique animal à la longue queue poursuivre ses péripéties sur de multiples terrains, notamment celui des jeux vidéo. Une mission que les équipes d’Ocellus Studio ont menée à bien en reprenant la formule introduite lors du Secret du sarcophage, sorti en 2021. Avec ce deuxième épisode, sous-titré Salsa Palombia, les joueuses et les joueurs peuvent se lancer dans une nouvelle escapade toujours composée de niveaux colorés en 2D. Néanmoins, une étrange mélodie sème le chaos dans la jungle et risque bien de tous les envoyer au casse-Spip…

Mon ami Marsupilami

Tout semble bien paisible dans la jungle palombienne. Même les premières lueurs du soleil ne parviennent pas à tirer les différentes espèces animales de leur sommeil. Toutefois, celles et ceux qui préfèrent quand c’est un peu trop plus moins calme vont très vite être comblés, car trois maudites momies déboulent d’un mystérieux vortex pour mettre le boxon dans la forêt. Chacune armée d’un boombox, elles diffusent des musiques abrutissantes qui ont pour effet de zombifier les petites bêtes à proximité. Toutes ? Non ! Trois marsupilamis résistent encore et toujours aux sons envahisseurs…

Il ne faut pas s’attendre à un scénario très poussé avec cet épisode. Salsa Palombia s’adresse à tous les publics, notamment les plus jeunes joueuses et joueurs. De ce fait, les rares et courtes cinématiques ne sont là que pour mettre un peu de liant entre les phases de jeu. Les développeurs ont poussé la simplicité jusqu’à son paroxysme, puisqu’il n’y a aucun dialogue ni texte durant les petites vidéos. Rassurez-vous, quelques « houba » sont bel et bien prononcés ici ou là, mais cela peut nourrir quelques regrets chez les personnes un peu plus âgées ou parmi les admirateurs des bandes dessinées.

En revanche, il est impossible de ne pas tomber sous le charme de trois marsupiaux que l’on va diriger durant l’aventure. On prend plaisir à observer les créatures bondir dans tous les sens à l’intérieur d’environnements somptueux. La direction artistique fait mouche grâce à un mélange efficace entre les différents plans affichés à l’écran. Alors que le plus proche comporte tout un tas de détails afin de bien montrer les pièges à éviter, le fond offre des panoramas qui donnent souvent l’envie de poser la manette durant quelques instants. On pense, par exemple, aux niveaux dans les montagnes avec les sublimes aurores boréales.

D’un point de vue technique, le jeu présente un bilan assez solide, bien que certaines petites choses auraient pu être améliorées. Un cas pour illustrer cela : à l’intérieur des niveaux, le marsupilami peut régulièrement se servir d’oiseaux pour se projeter plus loin (tout en récupérant quelques fruits au passage). À l’écran, ces transitions peuvent parfois paraître assez brouillonnes et même occasionner de légers ralentissements. Et même si l’animal retombe toujours sur ses pattes, on ne peut vraiment pas dire que les diverses animations soient très variées. Heureusement, d’autres aspects du titre offrent toutes sortes de fantaisies aux (Fantasio ?) joueurs…

Ce qu’on devient

L’amusement est immédiat lorsqu’il s’agit de parcourir les différents niveaux avec les trois marsupilamis. Punch, Hope et Twister ont leurs propres caractéristiques qui amènent une rafraîchissante diversification au gameplay. Le premier est capable de se mettre en boule afin de franchir des passages parsemés de pics dangereux, tandis que le deuxième peut rebondir sur des ennemis envoûtés, quand le troisième parvient à effectuer des sauts horizontaux sur une longue distance.

Globalement, les différents personnages sont agréables à manier, même s’ils requièrent plusieurs sessions afin d’être bien maîtrisés. Chaque niveau permet d’incarner deux de ces héros, le troisième en profitant surement pour faire une sieste. Il est possible, en mode solo, de switcher à tout moment entre les marsupilamis lorsque le danger l’exige. C’est le cas, notamment, lorsqu’il s’agit de rebondir sur ces fameuses créatures entourées d’un voile violet qui infligent des dégâts à Punch et Twister, mais pas à Hope.

Une fois n’est pas coutume, Salsa Palombia se révèle beaucoup plus exigeant que son prédécesseur. Si l’on peut choisir entre trois niveaux de difficulté, il est à noter que les joueurs et joueuses risquent d’échouer à de nombreuses reprises dans les divers mondes, même en mode normal. C’est ainsi que l’on remercie les équipes de développement d’avoir placé de nombreux points de sauvegarde un peu partout dans les zones afin de repartir rapidement à l’aventure avec son marsupilami.

Il existe quatre mondes à parcourir dans le jeu. Ces derniers se présentent sous la forme d’îles avec des chemins à étapes. Pour progresser, il faut d’abord terminer un niveau afin d’en débloquer un autre. L’affichage de ces petits hubs n’est clairement pas hyper poussé, mais il a le mérite de mettre en avant les momies à atteindre au bout de ces différentes zones. Une fois arrivé à destination, un combat de boss dans un format classique en plusieurs phases évolutives peut commencer ! Malheureusement, les affrontements manquent cruellement de punch pour devenir inoubliables. Peut-être parce que les monstres n’ont pas assez pris de Champignac hallucinogènes avant d’envahir la jungle palombienne ?

I’m alive

La musique a une place importante dans le jeu. Chacune des momies représente un genre bien précis, qui donne une ambiance singulière aux différents mondes. On pense à celle pour qui l’électro est devenue une passion si dévorante qu’elle mixe avec des petits cubes verts au sommet des montagnes, ou encore à celle du disco, qui semble perdue dans un passé révolu au beau milieu d’une fête foraine. Petite déception, les sons que l’on entend en bondissant un peu partout avec nos marsupilamis ne laissent pas de souvenirs impérissables. Il y avait sûrement matière à faire mieux, mais c’est râpé…

Des notes de musique sont à collecter à l’intérieur de tous les niveaux du jeu, même ceux contre les boss-momies. La plupart du temps, il existe dix objets à récupérer de la manière suivante : trois en remplissant la jauge de fruits au maximum, deux en réussissant une épreuve secrète en temps limité et cinq en fouillant un peu partout à l’intérieur des zones. Un sacré défi attend celles et ceux souhaitant obtenir tous les trophées ou succès de Salsa Palombia puisqu’il faudra atteindre le 100% pour décrocher un houba-hourra bien mérité !

La complétion passe également par le mode salsa, qui risque de faire danser les nerfs de nombreux joueurs et joueuses. Après avoir terminé un niveau, il est possible de le rejouer en ajoutant une double contrainte de collecte et de temps. En clair, il s’agit de récupérer un grand nombre de fruits pour augmenter le combo de points, tout en prenant garde à ne pas traîner afin de conserver le multiplicateur à son avantage. Autant dire que l’absence d’un bouton « rejouer le niveau » fait nettement tanguer l’attachement à ce système, et que les multiples allers-retours sur le menu principal nourrissent progressivement l’envie d’envoyer valser le jeu !

Peut-être que l’aide d’une autre personne est la solution à envisager pour partager et mieux maîtriser ses émotions face à ces moments intenses. Direction donc la coopération locale à deux, où chaque joueur ou joueuse dirige l’un des marsupilamis proposés. Le challenge reste entier sur certains niveaux ou dans le mode salsa, mais cela facilite d’autres missions comme celles des dojos. Ces espaces contiennent trois défis à réussir à la suite afin de décrocher quelques notes musicales supplémentaires. Un échec, et tout est à recommencer. Dès lors, on in-Spirou on expire plus facilement avec ce tuyau en tête !

Le temps passé sur Marsupilami 2 – Salsa Palombia permet de savourer un joli ballet de plateformes en 2D. Les différents niveaux proposent un challenge qui swingue, sans jamais perdre de vue l’accessibilité pour tous les publics de joueuses et de joueurs. Le plaisir de fouiller chaque recoin des magnifiques environnements, ou de faire taire les momies à grands coups de queue lors des combats, n’entraîne presque aucun temps de break. Certes, il reste de quoi dire sur le plan technique et sur les musiques, qui se montrent bien trop discrètes pour un épisode voulant nous faire danser le cha-cha-cha. Mais la formule demeure globalement satisfaisante et offre un voyage aussi rythmé que généreux. De quoi conclure sur une note positive et pousser sans hésiter les fameux hip hip hip houba de la critique !

Le titre est disponible depuis le 3 septembre 2026 sur PC, Nintendo Switch 2, PlayStation 5 et Xbox Series. Ce test a été réalisé sur une version Xbox Series S grâce à un code fourni par l’éditeur. Jeu classé PEGI 3.


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