Yamakujira signe un manga one-shot émouvant et attendrissant, à lire à partir de douze ans, Les Lueurs de l’Outre-Monde rentre rapidement dans le vif de son sujet grâce à deux petits personnages attachants, rapidement rejoints par une ribambelle de protagonistes hauts en couleur.
« Le vaste monde veille avec bienveillance sur toutes les vies et il existe un endroit où toutes sont accueillies avec douceur. Penser ainsi peut rendre l’existence un peu plus facile. Cette vie précieuse, vivons-lasans regrets ! »
Yamakujira
L’histoire
Torasuke et Ushimatsu sont deux petits démons ayant comme tâche de récupérer les âmes des morts. En l’an 19 de l’ère Meiji, alors qu’ils travaillent d’arrache-pied pour récolter les trépassés, ils tombent sur Sôma, un exorciste avec un don de vision, qui lui permet de les voir contrairement au reste de l’humanité. Ensemble, ils partent à la recherche de fantômes à qui ils promettent une possibilité de renouveau, loin de la souffrance qui les forçe à rester piégés dans un entre-monde, à la fois sur Terre et en même temps ailleurs…
Un style chargé
Les planches donnent de quoi faire. Elles fourmillent de détails et chaque illustration permet d’ancrer un peu plus Tokyo dans le quotidien des deux démons, qui font des allers-retours entre l’au-delà et le monde des humains. Ce manga donne aussi de quoi lire : les personnages usent des mots avec justesse et offrent très rapidement des explications sur chaque point important de l’histoire, notamment au sujet des fantômes, des Ayakashi ou encore des démons. Chaque page est joliment et richement illustrée, au point qu’il peut être nécessaire de faire des pauses pour capter toutes les blagues glissées par l’artiste dans ses planches. En effet, en ayant deux enfants comme personnages principaux, tout devient très vite énergique.
Des fantômes effrayants et émouvants
Pour un manga qui commence de façon très enfantine, avec une représentation assez simplifiée des âmes et des démons, les fantômes rehaussent l’âge minimal de lecture. Certaines cases sont dignes du domaine de l’horreur avec un travail maîtrisé de l’ombre et de la lumière et un choix judicieux de formes pour créer des créatures terrifiantes. Toutefois, sans doute pour se concentrer sur la notion de deuil au cœur de l’histoire et retrouver un chemin plus émouvant, la mangaka casse très vite les scènes d’horreur pour parler des sentiments, du regret, de l’abandon, de la terreur et de la peine ayant amené les âmes à devenir des fantômes. Les Lueurs de l’Outre-Monde va au-delà d’une simple chasse aux esprits tour à tour amusante ou effrayante, c’est un manga profondément touchant, aux rebondissements incroyables, qui donne envie de sourire et de pleurer à la fois.
Ce manga est parfaitement approprié pour tout jeune lecteur à partir de douze ans à la découverte des œuvres graphiques nippones. Fourmillant de détails et présentant des cas généreusement illustrés, il mêle à la perfection le frisson, le chagrin et l’amour pour donner un one-shot dont on ne peut que se souvenir. L’autrice dit : « Cette vie précieuse, vivons-lasans regrets ! » Ainsi, avec Les Lueurs de l’Outre-Monde, Yamakujira signe une ode à la vie.