Pandora Hearts, tome 5 : la subtile apparition d’un grand méchant

Après un quatrième tome en deçà des précédents, voire décevant, le cinquième volume de la célèbre série de Jun Mochizuki vient relever le niveau. Toujours dans sa superbe édition Perfect joliment signée Ki-oon, aux pages délicieusement colorées, et publié en décembre 2025, ce tome étonne et relate encore et toujours la suite des aventures d’Oz et Alice (même si celle-ci est presque absente de ses pages).

Il était beau, le temps de la confusion

Alors qu’Oz et sa troupe se rendent chez le duc Rufus Brama avec l’espoir que celui-ci puisse leur en dire plus concernant la tragédie de Sablier, ils apprennent que Break est soupçonné d’être en réalité Kevin Regnard, un ancien contractant illégal qui, après avoir tué plusieurs dizaines d’innocents, aurait sombré dans l’abysse et rencontré sa Volonté. Parallèlement à cela, tandis que l’aiguille d’Oz Vessalius continue d’avancer, Gilbert prend conscience de la mort prochaine de son maître et hésite fortement à mettre un terme à toute cette histoire de la pire des façons…

Lorsque les bons s’acoquinent avec les méchants

Le cinquième tome de Pandora Hearts permet de retrouver la recette délaissée depuis les deux précédents volumes : une capacité à mêler drame psychologique, moments comiques, mystères et révélations vertigineuses. Ici, la troupe d’Oz Vessalius se met en quête de la vérité sur la tragédie de Sablier, l’ancienne capitale du pays, en changeant de méthode. Après avoir enquêté sur le passé de la ville, ils souhaitent attester de son état actuel. Lors de leur périple, des alliances troubles sont mises en lumière et certains personnages prennent une nouvelle direction caractérielle. Une grande révélation est livrée à propos du personnage d’Echo, jusqu’alors plutôt effacé, et cela remet tout en question pour les jeunes héros. Vincent Nightray est, lui, toujours aussi mystérieux et moralement ambigu. Jun Mochizuki joue constamment sur la frontière brouillée entre le bien et le mal, si bien que le manichéisme de sa série continue de s’autodétruire.

Des événements marquants

Ce volume s’émancipe des autres pour atteindre une qualité jusqu’alors rarement atteinte dans Pandora Hearts. Comparable à un premier point culminant dans l’histoire de la série, le cinquième tome met en scène un moment absolument marquant et qui pourra servir de point de repère pour la suite. La visite des personnages principaux à Sablier est troublante. En effet, l’intégralité de la séquence donne l’impression d’un éternel recommencement et d’une perpétuation maléfique du malheur et de la tragédie : la ville de Sablier s’est faite détruire un siècle auparavant et ne s’en est toujours remise.

Aussi, lectrices et lecteurs auront l’occasion de rencontrer (d’une manière surprenante) la figure antagoniste la plus mentionnée depuis le commencement de Pandora Hearts : Glen Baskerville, le maître de la maison du même nom. Si le premier face-à-face entre Glen et Oz/Jack est cryptique, c’est pour mieux préparer les événements qui prendront place dès le prochain volume. Néanmoins, il n’en reste pas moins réussi grâce à la mise en scène inquiétante et charismatique qui l’entoure.

Le cinquième volume de Pandora Hearts relève le niveau de la série – en espérant qu’elle conserve cette qualité. Jun Mochizuki use, dans ce tome, du poids du passé, l’importance de l’identité et de la culpabilité de ses personnages pour continuer son œuvre sombre et palpitante. Entre grandes révélations, et avec un certain point d’orgue atteint, ce volume renoue avec le commencement solide de la série, tout en préparant un affrontement dont on devine d’ores et déjà l’ampleur.

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