Petits Dieux, tome 3, Diane : la conclusion d’un conte touchant

Après deux tomes à la fois sensibles et épiques, Mathieu Salvia et Krystel concluent l’aventure de Petits Dieux dans Diane, troisième et dernier album de cette série qui parle autant de création et de transmission que des affres de la maladie d’Alzheimer. Une conclusion qui mêle la surprise et l’émotion des débuts, à l’action déjà présente dans le tome précédent.

Exister

La maladie de Diane Perrin progresse et sa mémoire s’effiloche toujours un peu plus. Bientôt, tous les récits qu’elle n’aura pas couchés sur le papier disparaitront avec ses souvenirs. Pour la fée Cléo, création de l’autrice qui n’a jamais eu droit à son roman, la solution est simple : inciter Diane à raconter son histoire à quelqu’un, afin d’exister dans l’esprit d’une nouvelle personne. Mais le temps presse et l’infâme Monsieur Doudou, création de la petite-fille de Jeanne, compte bien forcer les personnages à sombrer dans l’oubli, par peur d’être remplacé. Alors que les êtres imaginaires se rassemblent pour survivre, une question se pose : est-il possible, pour celles et ceux dont la vie n’existe qu’à travers des pages de roman, d’être plus que ce que les mots disent de leur personnage ?

Écrire sa propre histoire

Après deux albums riches en rebondissements et en tendresse, Petits Dieux se termine de la plus belle des manières. En questionnant la nature de l’existence, l’identité, l’idée de mémoire et de transmission, mais surtout, en permettant à ses personnages de s’émanciper pour écrire leur propre histoire. Car c’est là l’un des sujets de la BD : peut-on échapper à son destin quand celui-ci est encré dans des livres ?

Ce dernier tome est également l’occasion de développer les relations familiales entre Diane, sa fille et sa petite-fille, et ainsi d’interroger la question de l’héritage, qu’il soit matériel, culturel ou éducationnel. Bien que l’album ne fasse pas l’impasse sur le drame – nécessaire – pour épargner ses jeunes lecteurs et lectrices, il met avant tout en scène l’espoir, la force du collectif et le renouveau, celui qui survient après la mort.

Le trait toujours aussi doux et poétique de Krystel donne à ce final la magie et l’émotion voulues par son récit. Les jeux d’ombres et de lumières, le choix des espaces négatifs, sont particulièrement mis en valeur dans ce final, avec, toujours, de splendides couleurs.

Petits Dieux s’offre une conclusion lumineuse avec Diane, troisième et dernier album de la série. Cette série qui parle de transmission, de mémoire et de survie sous forme de conte, tout en abordant le pouvoir magique des mots sur l’imagination, est aussi un magnifique message d’humanité.

Cet article vous a plus ? Soutenez-nous :

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑