Dans l’imaginaire, la guerre n’est que trop souvent racontée à travers ses héros et ses batailles spectaculaires et esthétisées. Pourtant, il est parfois bon de montrer son pendant le plus sombre, comme l’ont fait des œuvres telles que Les Sentiers de la gloire, afin d’en dévoiler les figures anonymes, plongées dans un système qui les dépasse. Dans cette lignée, la bande dessinée Monogatari, publiée chez iLatina éditions, propose sa vision, violente et cyclique, de la guerre. Bienvenue en no man’s land !
L’histoire
Monogatari ne raconte pas tant l’histoire d’une guerre qu’il n’en dissèque le fonctionnement. Les soldats apparaissent comme des rouages d’une machine implacable. Ils avancent, obéissent, et ce, malgré un objectif flou et incertain. Peu à peu, le récit fait ainsi émerger son idée centrale : la violence possède un caractère cyclique, presque mécanique. Elle se perpétue d’elle-même, entraînant les individus dans une spirale dont ils deviennent les instruments.
Les rouages de la guerre
Cette vision désenchantée rappelle certaines œuvres marquantes du genre, notamment La Guerre éternelle, qui montrait déjà des soldats prisonniers d’un conflit interminable.
L’un des aspects les plus marquants de l’album réside dans son esthétique. Le dessin se distingue par un trait léger, mais percutant. Les silhouettes semblent parfois vaciller dans les paysages, comme si les personnages eux-mêmes étaient déjà en train de se dissoudre dans la violence qui les entoure, et tout ça, grâce au travail graphique de Nakamura.
| Avec Monogatari, Agustín Graham Nakamura propose une œuvre courte, mais marquante. Derrière la simplicité apparente de son récit se cache une réflexion sur la manière dont les hommes deviennent les pièces d’un système qui les dépasse.Sans héroïsme ni grand discours, cette BD rappelle une vérité brutale, mais réelle : dans la guerre, les soldats ne sont bien souvent que les engrenages d’une mécanique infernale qui continue de tourner, inlassablement… |
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