Kakuemon : la dure vie de mangaka, ou Bakuman en version plus trash !

Après le succès de son précédent manga autour de la crise dans le milieu hospitalier japonais, Give my Regards to Black Jack, le mangaka Shuho Sato s’est lancé dans une introspection créative avec Stand by me Kakuemon. Une occasion en or pour cet auteur à succès, de raconter l’envers du monde éditorial du manga, ainsi que du prix à payer pour en gravir les échelons.

L’histoire

Cela fait maintenant quatre ans que Kakuo Manga s’est installé à la capitale, guidé par sa volonté de devenir mangaka, mais la réalité est loin d’être aussi douce que ses rêves : jour après jour, il s’embourbe dans son rôle d’assistant, et n’a que peu de temps pour dessiner ses propres histoires. Et c’est sans compter sur le vieillard qui squatte chez lui ! Ce dernier prétend être son « lui du futur » et semble déterminé à le détourner de la voie du manga. Tout change lorsque Kakuo gagne un prix, lors d’un concours des nouveaux auteurs. Cette petite victoire signe alors le début de sa carrière, ainsi que celui de sa descente aux enfers…

L’enfer du mangaka

À travers l’avatar de Kakuo, Shuho Sato ne se lance pas, comme l’ont fait des œuvres du style de Bakuman, dans une critique légère façontranche de vie de l’industrie du manga, mais bien dans une satire féroce et sans pitié. Les personnages incarnant les équipes éditoriales sont représentés avec des traits patibulaires, et sont dotés d’un comportement toxique voire bestial, accompagné d’une lubricité sans limite. À travers cette critique sévère, on ressent fortement le vécu personnel de l’auteur. 

Du côté graphique, une influence est à chercher du côté du maître Inio Asano, notamment via son réalisme cru et ses personnages au faciès expressif. La patte d’Inio se ressent aussi dans le portrait impitoyable et cynique que délivre Stand by me Kakuemonde la société. Une paternité dont Sato tire parfois les mauvais aspects, notamment dans la gratuité régulière de scènes de sexe incluant la seule protagoniste féminine de l’œuvre.

Cependant, l’histoire se suit avec beaucoup de plaisir, grâce à cette idée d’un vieil homme censé être Kakuo dans le futur. Le personnage permet cette introspection sur ce qui motive une carrière de mangaka dans un milieu concurrentiel et saturé, où la moindre étincelle de réussite est saisie par les majors éditoriaux, puis codifiée à outrance pour un succès éclair.

Stand by me Kakuemon est un récit acide et une critique sans fard de l’industrie du manga, écrite et dessinée avec beaucoup de pertinence et qui mérite d’être découvert !

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