L’Orateur, justice antique

Loin des péplums en sueur et des mythes fantasques, théâtres d’affrontements homériques entre héros et divinités, les éditions Glénat on sorti, l’an dernier, un polar antique en un seul tome : L’Orateur. Une superbe bande dessinée scénarisée par Luca Blengino et David Goy, et illustrée par Antonio Palma.

« La vérité n’existe pas dans un tribunal. Le gagnant est toujours celui qui raconte la meilleure histoire. »

Marcus Cornelius Florens, L’Orateur, Glénat

Justicia omnibus (La justice est la même pour tous)

Rome, IIe siècle après Jésus-Christ. Marcus Cornelius Florens, meilleur avocat de l’empire, à cessé d’exercer et ne se rend plus au forum depuis bien longtemps. Pourtant, un évènement dramatique va le pousser à sortir de sa retraite : la mort de son médecin et ami Edilus. Les soupçons se portent très vite sur le fils du défunt, Alexandros, qui risque le terrible châtiment réservé aux coupables de parricide. De son côté, Marcus n’y croit pas. Intrigué par toute cette affaire, lui qui se tient éloigné de la vie politique et judiciaire de Rome depuis des années va décider d’assurer la défense du jeune homme. Mais par où commencer pour résoudre cette enquête sans témoins ni preuves ? D’autant que certains dans la cité ne voient pas d’un très bon œil le retour de l’orateur de renom.

Nunc scio veritatem (Maintenant je connais la vérité)

À la fois parfaitement ficelé dans son intrigue et très bien documenté historiquement, L’Orateur est un album sublime et prenant, qu’il est difficile de lâche avant sa dernière case. On y aborde aussi bien la manière de rendre justice dans l’antiquité, la vie quotidienne du peuple romain, que les frictions entre ces derniers et les chrétiens de l’époque.

Doté de la finesse d’esprit des plus grands détectives, d’un immense talent pour la rhétorique et d’un caractère bien trempé, l’orateur Marcus Cornelius démontre un fait que l’actualité continue de confirmer : la loi peut être tordue, romancée, détournée et les coupables innocentés, tandis que les boucs émissaires subissent la vindicte populaire.

Un one-shot qu’il aurait été plaisant de voir décliné en série, aux vues du potentiel de son univers et de son héros.

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