Le second tome de Kingdom of Quartz, de Bomhat, reprend les aventures de Blue, la jeune aspirante ange, trois ans après la catastrophe advenue à son orphelinat narrée dans le premier volume de la série. Toujours édité chez Pika, le manga en cinq tomes promet d’apporter de belles nouveautés au genre du seinen.
Une bleue veut devenir un ange
Trois ans après le massacre qui a ravagé son orphelinat, Blue tente sa chance pour intégrer l’académie d’Hélios, une prestigieuse école militaire chargée de former et d’éduquer les futurs Anges. Cependant, durant l’examen d’entrée, elle prête main -forte à un camarade mal en point sans savoir que cela allait la desservir et la faire échouer. C’est ainsi que Dame Steel, le cinquième des Archanges, lui laisse une seconde chance pour intégrer l’académie. Mais alors que Blue se réjouit, son épreuve se précise : il s’agit d’un duel…
L’académie d’Hélios, miroir inquiétant du royaume de Quartz
Lieu extrêmement important dans le système hiérarchique dépeint par mangaka Bomhat, l’académie d’Hélios n’est rien de moins qu’une école militaire, puisqu’elle forme les aspirants pour devenir des Anges, des soldats faisant régner l’ordre dans le royaume de Quartz. Néanmoins, l’ambiance à l’académie ressemble plus à celle de l’école d’Harry Potter qu’à une institution militaire. Si son esthétique et son ambiance peuvent faire penser à un milieu écolier typique de ce qu’il est possible de trouver dans les mangas, avec des rivalités, des épreuves à passer pendant certains cours et même des « maisons », au sein desquelles se rangent les aspirants, elle masque en réalité une institution bien plus sombre, rigide et inquiétante, découlant directement de la supervision des Archanges eux-mêmes au service de la déesse. Derrière l’apprentissage et la camaraderie se cache une sélection brutale, où l’entraide peut devenir un handicap et où les questions se transforment parfois en danger. En ce sens, l’académie agit comme un miroir déformant, mais révélateur, du monde extérieur et elle expose subtilement les sombres secrets qu’il reste à découvrir dans l’univers de Bomhat.
Présence queer parmi les Anges
Un élément notable, bien qu’étonnant, dans ce nouveau volume de Kingdom of Quartz est la façon dont l’auteur intègre des identités et relations queers dans son univers. Sans en faire des éléments marketing ou bien des axes centraux, Bomhat introduit un personnage au physique changeant et androgyne – créant donc un trouble au niveau de ses pronoms –, ainsi qu’un couple lesbien qu’il est possible d’entrevoir au détour de quelques pages. Ces représentations s’inscrivent naturellement dans la narration et participent à enrichir les interactions entre les personnages tout en complexifiant les dynamiques au sein de l’académie d’Hélios. Introduire des identités queers permet d’ancrer la série de fantasy dans une contemporanéité bienvenue, bien que surprenante dans le paysage du manga seinen parfois plus conservateur.
| Avec ce second tome, Kingdom of Quartz confirme son potentiel. Bomhat affine doucement, mais sûrement, la justesse et la profondeur de son univers, et renforce son héroïne tiraillée entre devoir, passion, idéaux et réalité dans un milieu qui semble être bien plus sombre qu’elle ne l’imaginait. Découvrir l’académie d’Hélios va permettre aux lecteurs et lectrices de plonger, certes, dans un lieu empreint des codes culturels liés aux établissements scolaires, mais ils pourront également se confronter à une politique un peu plus extrême que celle décrite dans le premier volume. Une suite qui donne envie de poursuivre la lecture. |
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