Metaphor: ReFantazio, tome 1 : une adaptation au régime

Après une sortie remarquée sur Windows, Xbox Series X/S ainsi que PlayStation 4 et 5 en 2024 (en novembre 2026 sur Nintendo Switch 2), Metaphor: ReFantazio débarque en manga. Mana Books n’en est pas à son coup d’essai dans la parution d’adaptations de jeux vidéo en bandes dessinées japonaises : Elden Ring :le chemin vers l’arbre monde (par Nikiichi Tobita), Tales of Berseria (de Nobu Aonagi), Persona 3, 4 et 5 (dont le deux premières séries ont été écrites par Shuji Sogabe et la dernière par Hisato Murasaki) en passant par Danganronpa: Trigger Happy Havoc (Takashi Tsukimi) et Ni No Kuni :l’héritier de la lumière et le prince chat (Ran Kuze), si ce genre de publication n’est pas leur unique activité, il est devenu leur marque de fabrique. Cette version manga de Metaphor: ReFantazio, écrite par Yoichi Amano (assez inédit en France, il n’a publié que des œuvres discrètes chez Delcourt-Tonkam : Mist Gears Blast et Akaboshi), permet ainsi de découvrir l’un des derniers titres d’Atlus sous un nouveau jour.

Bienvenue dans le royaume d’Euchronie

Depuis l’assassinat du roi d’Euchronie, Hythlodaeus V, tué dans son lit par Louis Guiabern, le royaume est en proie à l’insécurité, l’anxiété et au danger, à cause de créatures monstrueuses nommées « humains » qui sèment la terreur. Le prince légitime au trône ayant été touché par une malédiction, il est maintenu en vie, caché de tous, et ne peut accéder à la couronne. Cependant, lors des funérailles du roi, une incarnation de son esprit annonce que n’importe qui pourra devenir son successeur grâce à un tournoi…

La philosophie de la suppression

Si cela fait très largement plaisir de retrouver (ou d’apprendre à connaître) l’histoire du jeu d’Atlus, force est de constater que l’expérience y est tout de même différente. L’adaptation en manga de Metaphor: ReFantazioréduit très largement les événements du titre : plusieurs heures d’histoire, de quêtes, sont supprimées, des personnages n’apparaissent que très peu, tandis qu’il est possible d’apprendre à les connaître dès le commencement de l’aventure sur consoles et ordinateur (il n’y a, par exemple, pas encore de mention de More ou d’Akademeia), etc. Le manga se focalise uniquement sur la trame principale de l’histoire, faisant fi des quêtes secondaires ou d’événements plus mineurs. C’est bien dommage, mais cela est dû au changement de médium, il ne faudra donc pas compter sur la profondeur du matériau originel ni sur l’approfondissement des liens entre les personnages (pourtant si importants dans le titre de base).

Un repositionnement de la narration

Le principe d’adaptation opérant une transition d’un médium à un autre (ici du jeu vidéo au manga), les attentes ne sont absolument pas les mêmes entre les deux œuvres. Si le jeu se penche beaucoup sur l’importance de la progression sous toutes ses formes (progression des liens sociaux, des qualités morales de Will, des archétypes [des « jobs », en clair]), cela transparaît évidemment beaucoup moins dans le manga. La narration prend le dessus sur le côté gameplay propre au jeu, et cela peut parfois donner lieu à des scènes opaques qui, nous l’espérerons, seront expliquées plus tard – notamment lorsque le scénario du titre de 2024 se reposait fondamentalement sur des éléments d’ordre vidéoludiques (c’est là toute la spécificité des archétypes de Metaphor: ReFantazio qui deviennent, dans le manga, des pouvoirs anecdotiques sortant de nulle part).

Aussi, les personnalités des personnages se sont retrouvées changées pour se rapprocher le plus possible d’un panel de caractères digne d’un shōnen. Cela offre aux lecteurs et lectrices une nouvelle perspective quant à leurs actions et une nouvelle façon de les connaître.

Le premier volume de l’adaptation en manga de Metaphor: ReFantazio est désormais sorti ! Retrouver les personnages hauts en couleur fait très plaisir et leur design rend tout aussi bien en dessin que dans l’animation du jeu d’origine. Cependant, pour que celle-ci puisse se faire, des choix concernant l’histoire ont été exécutés : des coupes, des réagencements et des modifications sont au rendez-vous pour que l’œuvre s’adapte au mieux à son format. Le dessin reste beau et quelques petits apports graphiques provenant de la direction artistique du jeu d’Atlus sont également ajoutés dans le manga, de quoi ravir l’œil des fans et attirer un nouveau public plus réservé et n’ayant pas encore joué au titre de base.

Ouvrage reçu dans le cadre d’un service presse

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