Suicide Red, tout feu tout flamme

Suicide Red est la première création d’Harimaru, auparavant assistant de Yusuke Murata sur la célèbre série One Punch Man. Si son pitch n’est pas d’une originalité folle, ce manga a le mérite de proposer des personnages plutôt intéressants et une aventure bien rythmée.

Dark fantastique

Depuis que d’étranges brèches sont apparues dans le ciel dix ans plus tôt, le monde est devenu chaotique. Des monstres qui semblent sortis d’un roman de dark fantasy ont envahi Tokyo et, parallèlement, certains humains ont reçu des superpouvoirs. C’est le cas de Madoka, dont le caractère vif et impulsif colle parfaitement à sa maîtrise des flammes. Si la jeune femme se lance à corps perdu dans la bataille, au point d’être qualifiée de “suicidaire”, c’est parce qu’elle désire plus que tout intégrer les nettoyeurs, ceux qui se rendent dans la “zone rouge” où se trouvent les pires monstres… et où le grand-père de Madoka serait resté enfermé au moment de la mise en quarantaine de la ville.

Tête brûlée

Loin des superhéros classiques, ceux de Suicide Red subissent les conséquences de leurs pouvoirs : quand elle emploie le feu, Madoka se blesse, ce qui rend l’usage de ses capacités particulièrement dangereux. Si l’héroïne, en bonne tête brulée, se fiche des risques qu’elle prend, elle est entourée d’une galerie de personnages (essentiellement féminins, ce qui est appréciable) qui viennent nuancer son caractère. Yayoi, une guerrière flegmatique, Yui, qui s’est détourné de Madoka parce qu’elle ne supporte plus de la voir risquer sa vie, mais surtout Kid, un enfant transformé en gremlin par la catastrophe avec qui l’héroïne va devoir coopérer.

Le shōnen possède un bon rythme et navigue aisément entre l’humour et l’action. On se laisse facilement entraîner dans les missions de Madoka, qui débutent souvent par une demande ou un situation loufoque et se montrent en définitive périlleuses. Bien que plusieurs scènes soient assez convenues, elles n’en restent pas moins efficaces et si les créatures qui ont envahi Tokyo reprennent les codes de la fantasy occidentale, on ne peut nier que leur aspect graphique est impeccable. C’est d’ailleurs l’une des forces de Suicide Red : proposer un tome qui parvient aisément à naviguer entre les styles en fonction du ton qu’il veut donner à ses scènes, sans rupture esthétique. Ne vous fiez pas à sa couverture peu engageante, l’intérieur est bien plus attrayant !r)

Pour son premier titre, Harimaru propose un récit aux enjeux somme toute classiques, mais pas inintéressants. Sa force vient de sa galerie de personnages hauts en couleur qui se montrent réellement attachants. Avec un final qui semble complexifier ses rouages, sans pour autant le sortir d’une formule éprouvée, Suicide Red est un titre pop-corn : de ceux qui proposent une lecture fun et divertissante, sans chercher à tout prix à rebattre les cartes du shōnen.

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