Moomintroll : la chaleur de l’hiver, un jeu tout doux pour accueillir le printemps

Les plus jeunes ne connaissent sans doute pas les Moomins, création de l’illustratrice et autrice finlandaise Tove Jansson, qui leur a donné vie pour la première fois dans un roman publié en 1945 : Les Moomins et le Déluge. En France, c’est surtout la série télévisée diffusée à partir de 1991 qui les a rendus célèbres. Cependant, les Moomins se sont faits discrets dans l’hexagone ces dernières années, alors qu’au Japon et dans les pays scandinaves ils continuent de bénéficier d’une forte popularité. Moomintroll : la chaleur de l’hiver est l’occasion pour les nostalgiques de retrouver le héros de leur enfance dans un jeu d’aventure narratif de toute beauté, tandis que les plus jeunes pourront découvrir un personnage attachant, au travers d’un récit drôle et bienveillant.

Hibernation

Saviez-vous que les Moomins hibernaient ? C’est en tout cas ce qu’expliquent papa et maman Moomin à leur fils avant de partir se coucher jusqu’au retour du printemps. Cette année pourtant, le jeune Moomintroll ne trouve pas le sommeil. Il décide de se lever et constate que la maison est sens dessus dessous ! Le vent a ouvert les fenêtres, le poêle à bois s’est éteint et un intrus semble s’être introduit dans le garde-manger. Alors que Moomintroll s’aventure à l’extérieur, il découvre un monde transformé par l’hiver : froid et couvert de neige. Résolu à ramener le printemps, le jeune Moomin se lance dans une grande aventure qui lui permettra d’en apprendre beaucoup sur le monde et sur lui-même, mais aussi de se faire de nouveaux amis.

©Moomin Characters™ ©Hyper Games

Nous voilà donc face à une histoire pleine de courage et de bienveillance qui s’adresse avant tout aux plus jeunes, à condition qu’ils et elles sachent lire, le jeu ne disposant d’aucune voix. Néanmoins, les adultes n’auront pas à rougir lorsqu’ils s’autoriseront un voyage dans le monde des Moomins, puisque le titre propose – à la manière de la plupart des films Pixar – un second niveau de lecture pour les joueurs et joueuses plus âgés. D’ailleurs, si l’aventure principale est tout à fait accessible, certaines missions optionnelles demanderont de fouiller chaque niveau, de se creuser les méninges ou d’avoir un œil de lynx pour être accomplies. La difficulté s’adapte donc également à toutes les tranches d’âges. Et puis, en toute franchise, le plaisir de vivre une aventure inédite des Moomins, lorsqu’on a connu le dessin animé dans son enfance, suffit pour donner envie de se plonger dans La chaleur de l’hiver.

Hyper Games, le studio déjà à l’œuvre sur Mumrik : la mélodie de la vallée des Moomins, vient confirmer son amour pour l’univers créé par Tove Jansson avec ce nouveau jeu. Le titre propose des énigmes environnementales et des mini-jeux, au sein d’une aventure majoritairement narrative. À la manière de Firewatch ou de Dordogne, il faut explorer des environnements, trouver certains objets et utiliser différentes capacités, débloquées au fil du jeu pour progresser. Objets et compétences permettront d’ailleurs bien souvent d’ouvrir de nouveaux chemins dans des lieux déjà explorés, comme dans un metroidvania.

©Moomin Characters™ ©Hyper Games

Quatre capacités

Durant l’aventure, Moomintroll pourra donc lancer des boules de neige, utiliser des allumettes, creuser dans la poudreuse à l’aide d’une pelle ou encore couper du bois grâce à la hache de papa Moomin. Toutes ces actions disposent d’un second niveau d’amélioration qui offre des possibilités supplémentaires, et qu’il sera possible de débloquer en trouvant certains matériaux uniques. Le jeu exploite ces quatre capacités à travers toute une variété de situations de gameplay : les allumettes permettent d’y voir dans le noir, mais également d’allumer des torches placées à plusieurs endroits pour guider d’autres personnages ou des feux de camp lors de certaines actions contextuelles. 

Moomintroll ne peut pas sauter, mais il va se plaquer de lui-même contre une paroi pour franchir des passages étroits et peut descendre ou grimper à la corde d’une simple pression sur une touche, une fois placé à proximité de celle-ci. En laissant le personnage immobile quelques secondes, une bulle contextuelle apparaîtra au-dessus de sa tête pour rappeler l’objectif en court ou donner des indices aux joueuses et joueurs qui seraient perdus. En matière d’accessibilité, le titre propose également de placer un marqueur sur la carte afin d’être guidé plus facilement jusqu’à une zone. En revanche, pas de voyage rapide ici, ce qui peut être légèrement contraignant lorsque l’on se retrouve à multiplier les allers-retours dans le cadre d’une quête annexe.

©Moomin Characters™ ©Hyper Games

Adorable

Néanmoins, les trajets sont rendus agréables par la beauté des différents décors. Le monde à beau être plongé dans la saison hivernale, les environnements parviennent à être variés et très jolis. Montagne, étang gelé, grotte mystérieuse, forêt… chaque lieu est l’occasion de s’émerveiller sur les dessins, réalisés à la main, qui illustrent le jeu. Les nombreuses scènes cinématiques ne sont pas en reste. Elles proposent des séquences d’animation traditionnelle, assez proche du dessin animé des années 1990, et, là encore, absolument charmantes.

Et si les graphismes sont adorables, la musique parvient à être l’élément le plus réussi du jeu. Discrète, mais toujours à propos, elle accompagne chaque scène avec une justesse et une sensibilité marquées. Dans les grottes, ses notes se font inquiétantes et mystérieuses, au sommet de la montagne, sa mélodie évoque un sentiment de liberté teinté de solitude, et lorsque l’on retourne à la maison des Moomins rejoindre les amis rencontrés durant l’aventure, elle illustre la douceur du foyer et s’accompagne du crépitement agréable d’une cheminée.

Créatures de l’hiver

Plusieurs personnages emblématiques de l’œuvre d’origine font leur grand retour dans Moomintroll : la chaleur de l’hiver, certain‧es avec des prénoms retraduits et donc différents de la version animée française. C’est aussi l’occasion de rencontrer de nouveaux protagonistes, notamment les adorables « créatures de l’hiver », qui évoquent autant les noiraudes (susuwatari en V.O.) de Chihiro que le démon Luci dans Désenchantée (Matt Groening). C’est elles qui donneront à Moomintroll la plupart des quêtes annexes qu’il devra accomplir.

©Moomin Characters™ ©Hyper Games

Ces missions demanderont le plus souvent de revenir réaliser certaines actions ou d’atteindre une nouvelle zone une fois une capacité spécifique débloquée. Parfois, il faudra trouver et rapporter un objet spécifiques. Dans tous les cas, répondre aux différentes demandes des créatures de l’hiver se fera sur le long terme. Heureusement, Moomintroll possède un journal de quête qui résume les besoins de chacune d’entre elles ainsi que leur emplacement sur la carte. Une carte que l’on aurait néanmoins voulue plus précise, car elle indique les zones de manière globale et non chaque écran comme le ferait un métroidvania. Il en résulte quelques moments frustrants, durant lesquels on tourne en rond pour trouver un objectif pourtant tout proche.

©Moomin Characters™ ©Hyper Games

Malgré cela, ainsi que quelques rares bugs dans l’affichage des dialogues (qui seront sans doute corrigés à l’heure où ces lignes seront publiées), Moomintroll : la chaleur de l’hiver s’avère être une aventure charmante, jamais lassante, qui se boucle en un peu moins d’une dizaine d’heures.

L’univers des Moonmins à beau avoir été façonné pour les plus jeunes, c’est un plaisir de s’y plonger à tout âge. D’autant que le studio Hyper Games a tout particulièrement soigné la réalisation de Moomintroll : la chaleur de l’hiver pour en faire un jeu fidèle à l’œuvre de Tove Jansson. Un titre idéal pour occuper les quelques journées fraîches qu’il reste avant l’arrivée du printemps.

Testé sur Nintendo Switch modèle classique – Clé de jeu fournie par l’agence de presse de l’éditeur

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