Quand chutent les rois : un roman choral labyrinthique

Écrit par Nathan Krieg et publié aux éditions des Mondes flottants, Quand chutent les rois est un roman de fantasy médiévale construit comme un récit choral. On y suit donc plusieurs personnages, chacun avec son histoire et son point de vue, ce qui permet de découvrir l’univers à travers différentes intrigues. Le livre est également un très bel objet, d’autant que l’auteur a lui-même réalisé les illustrations. Mais derrière cette belle édition se cache une lecture ardue.

L’histoire

La mémoire de Iodée a été volée. Il lui faut désormais entamer un périlleux voyage à travers les quatre grandes cités de la Mer du Bord pour décrypter les secrets d’un pouvoir millénaire. Sa route croisera celles de Vaast et de Pélagie, respectivement capitaine et timonière d’un navire voué à une chasse bien particulière ; de Silvéon, prince tout juste couronné, aux prises avec un contre-pouvoir délétère ; de Liuva, scrutant son destin dans les parois de la Pyramide d’or, et de la chevalière Ana, dernier rempart contre une insondable menace.

Une lecture qui peine avoir un bon rythme

Le style assez poussif du roman peut dérouter le lectorat. Les phrases sont souvent longues, avec des tournures particulières qui obligent parfois à les relire plusieurs fois pour bien comprendre leur signification. Nathan Krieg propose aussi des scènes et des descriptions très détaillées. C’est à double tranchant : les lecteurs et lectrices qui aiment les textes très visuels, presque cinématographiques, pourront apprécier cette façon de raconter, tandis que les autres risquent de trouver la lecture longue.

Même au bout d’une petite centaine de pages, on ne sait toujours pas vraiment où l’histoire nous emmène. Les personnages sont présentés les uns après les autres, mais ils ne se rencontrent pas encore et l’intrigue générale reste floue. Quel est l’enjeu principal ? Pourquoi ces personnages sont importants ? Les éléments de réponse n’arrivent que tard dans la lecture. Néanmoins, chaque narration apporte un style différent, plus ou moins efficace, plus ou moins onirique. Mais avec tous ces points de vue qui se succèdent, il devient facile d’oublier ce que l’un d’eux cherchait à accomplir lorsqu’on le retrouve plusieurs chapitres plus tard.

Un auteur indéniablement talentueux

Malgré ces difficultés, il serait dommage de s’arrêter à cette première impression. En s’accrochant, on découvre de vraies qualités d’écriture et une histoire capable de passer de moments intimistes à des événements de plus grande ampleur. Nathan Krieg sait donner de la profondeur à ses personnages et tisser des liens entre leurs différentes histoires. On sent qu’il a beaucoup de choses à raconter et qu’il a réfléchi à la manière de construire son univers. Le roman souffre surtout d’un rythme qui ne facilite pas l’entrée dans le récit et d’une narration qui disperse parfois trop l’attention du lectorat.

En résumé, Quand chutent les rois est une lecture assez exigeante, qui ne conviendra pas forcément à tout le monde. Son style particulier, ses descriptions détaillées et la multiplication des intrigues peuvent rendre les premières pages difficiles à suivre. Pourtant, le livre possède aussi de belles qualités et témoigne d’un véritable talent pour raconter des histoires.

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