En 1830, l’auteur français Eugène Sue publie un court roman intitulé Kernok le pirate. C’est cette histoire que l’auteur Frédéric Brrémaud choisit d’adapter en bande dessinée aux éditions Glénat. Une forme originale pour un récit peu orthodoxe, qui ne manquera pas de susciter la curiosité de ses lecteurs et lectrices. Hissez la grand-voile ! Quittons la Bretagne ! Nous voilà partis avec les pires forbans de toute la côte armoricaine !
Malédiction
Par une nuit de tempête, tandis que l’orage gronde, des coups sont frappés à la porte de la vieille sorcière de Pampoul et son époux l’écorcheur. C’est Kernok, venu demander la bonne aventure sur le souhait de son amante Mélie. La prédiction est funeste : lui qui a du sang sur les mains, lui qui a porté le fer sur son mentor et sa maîtresse, dans treize jours, la mort viendra le prendre.
Indifférent à cette prédiction macabre, le pirate reprend la mer. D’ailleurs, à peine son Épervier a-t-il parcouru quelques milles que voilà les voiles blanches et les cales chargées de trésors du San Pablo, qui se profilent à l’horizon. Branle-bas de combat ! Faites chanter les canons ! Que débute le massacre ! Tandis que la nuit s’achève à la lueur des flammes qui consument le navire marchand et sous les cris des malheureux qui y sont toujours prisonniers, Kernok le pirate ignore que le trésor dont il vient de s’emparer pourrait bien lui être ravi à son tour dès le lendemain.
Violence crue et humour noir
Kernok le pirate est une œuvre inclassable, tant dans son fond que dans sa forme. Capable d’une violence crue (marin battu à mort, époux décapités d’un coup de canon…) et d’un humour noir et satyrique (le mousse Grain-de-sel, le marin sans jambes qui donne la charge le corps enfoncé dans un tonneau). Le comique de situation y est en effet très présent, même lors de scènes particulièrement dramatiques.
Le choix du noir et blanc et de l’aquarelle contribue à l’ambiance de conte d’aventure mystérieux qui se dégage de la bande dessinée. Le trait d’Alessandro Corbettini y est pour beaucoup. Quant au texte, émaillé de citations illustres et très proche du roman original, il jongle entre poésie et narration classique. On imagine sans peine les aventures du pirate breton contées par un vieux loup de mer au coin du feu lors d’une nuit d’orage !
| Kernok le pirate est clairement une aventure littéraire à part, destinée aux amateurs et amatrices d’insolite, de péripéties audacieuses et des albums qui sortent des sentiers battus. Marins d’eau douce ou corsaires émérites, nul doute que chacun et chacune y trouvera une histoire pleine de mordant ! |
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