Pandora Hearts, tome 1 : le commencement d’un classique

C’est en 2004 que Jun Mochizuki débute sa carrière de mangaka avec un manga en tome unique qui devint, après un second one-shot publié au Japon en 2005 par Square-Enix sous le nom de Crimson Shell (et en 2012 en France chez Ki-oon), sa plus grande série et son plus grand succès à ce jour : Pandora Hearts. Cette série a fait la notoriété de son autrice et a connu une popularité hors norme au Japon : des guides, une série d’animation, des artbooks, des dramas CD et même une comédie musicale ont, depuis le commencement de la série, vu le jour. Sortie en 2010 chez Ki-oon, la série s’offre une nouvelle peau depuis janvier 2025 pour célébrer ses quinze ans de parution en France : une édition Perfect – double – accompagnée de marque-pages exclusifs à chaque tome.

Oz au pays d’Alice

Oz Vessalius est l’héritier d’un des quatre grands-duchés du pays. Alors qu’à quinze ans il se prépare pour la cérémonie de son passage à l’âge adulte, il remarque des détails étranges et, pendant la célébration, il est finalement banni par des individus encapuchonnés pour un crime dont il ne connaît pas la nature. Oz se retrouve ainsi dans l’Abysse, un monde sombre, perdu et hanté par d’intimidantes créatures : les Chains. Il va alors rencontrer Alice, une jeune fille amnésique aux pouvoirs particuliers, avec qui il va nouer un pacte pour revenir dans son univers. À son retour, la mystérieuse organisation Pandora, soucieuse de découvrir les secrets de l’Abysse, l’attend de pied ferme.

À la recherche du temps perdu

La série de Mochizuki a tout d’un parfait shônen. Il y a de l’action, des passages amusants où les personnages font les pitres et tournent en dérision des situations difficiles, ou changent drastiquement de sujet en mettant les autres en colère (avec quelques apparitions de chibis). Cependant, l’un des points phares de Pandora Hearts et qui fait sa particularité, c’est l’importance qu’elle accorde à la notion d’identité. Cela peut s’observer de façon très évidente dès ce premier volume et ce grâce à une notion très précise qui touche – tant physiquement que psychologiquement – les deux personnages principaux : l’absence de temps. Oz Vessalius change à trois reprises de lieu et de temporalité pour, en fin de compte, se retrouver, suite à une malédiction, pressé dans sa quête : il est à la recherche d’un temps réel et futur qui lui échappe. Alice, elle, est à la recherche de ses souvenirs, et dépend d’Oz pour cela : elle pourchasse un temps passé, oublié et peut-être maudit, lui aussi. Ce premier tome pose une question très intéressante (et qui sera à coup sûr un point central de la série), celle de l’identité des personnages sans leur temps passé ou futur : qui sont-ils si leur vie n’a pas commencé, ou est sur le point de s’achever ? Pandora Hearts débute de façon très dynamique dans un moment charnière tant pour Oz et Alice.

Une question d’adaptation

Pandora Hearts est, de façon assez évidente, une réécriture gothique d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. La rencontre d’Oz et Alice au sein d’un monde inconnu et potentiellement dangereux, car défiant toutes les règles établies de la réalité. Dans ce premier tome, tout est une question d’atmosphère : Oz et Alice se trouvent dans cet environnement hostile qui leur échappe. Au lieu de se cantonner à l’absurde, le fantasque et le drolatique du roman de 1865, Mochizuki instaure une tonalité bien plus inquiétante et qui fait la tension de la série. Les parallèles sont encore minces, avec quelques figures, une impression de déjà-vu troublante et un aspect enfantin dans les décors dessinés, mais cela s’approfondira sûrement dans la suite de la série. Cette question d’adaptation, pour l’instant, fait office de promesse.

Le premier tome de l’édition Perfect de Pandora Hearts est le commencement d’une belle et grande aventure pour ses deux personnages principaux : Oz et Alice, deux adolescents à la recherche de leur vérité et de leur temps perdu. Avec un début émotionnel surprenant, cette série promet d’être un charmant petit conte gothique où aucun des personnages ne s’en sortira indemne. Désormais incontournable du shônen aux allures de conte gothique, cette édition est une belle façon de célébrer la série.

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