TMNT The Last Ronin II Re-evolution : la nouvelle génération de tortues débarque !

Après un reboot flamboyant, The Last Ronin venait conclure la saga Tortues ninja d’une main de maître, en offrant le final le plus époustouflant qu’un comic puisse espérer. Aussi, c’est avec une grande surprise que nous avons accueilli l’annonce d’un tome 2, presque trois ans après le premier et une année après le spin-off Lost Years. Si l’on était un peu circonspects, il faut bien l’admettre, à l’idée que les scénaristes aient trouvé une pirouette pour faire revenir les quatre mutants les plus célèbres de la bande dessinée, nous avons été… bluffés ! Cet épisode n’est pas un énième reboot ou un hors-série, c’est véritablement un vent de fraîcheur sur la saga. Si vous n’avez pas lu The Last Ronin premier du nom, on vous conseille de ne pas aller plus loin afin d’éviter tout spoiler, vous êtes prévenus. 

Héritage

Seize années se sont écoulées depuis la mort de Michelangelo, qui s’est sacrifié afin de mettre définitivement un terme aux activités du clan Foot. On pourrait croire New York enfin sauvée, pourtant, la ville est plus que jamais la proie des gangs, des politiciens corrompus et des policiers véreux. Ayant repris le flambeau de ses parents, Casey Marie Jones, fille d’April, tente de mettre un peu d’ordre dans ce chaos. Malgré des groupes mafieux toujours plus retors, elle se refuse à utiliser son arme secrète, l’héritage de Michelangelo, celles et ceux qu’elle nomme « ses enfants » : quatre jeunes tortues volontairement exposées au mutagène par April. 

Elles se nomment Uno, Moja, Odyn et Yi et sont encore en pleine crise d’adolescence ! Si elles admirent leurs prédécesseuses et tentent de suivre la même voie, le sang irradié de leur « oncle Micky », qui a servi à leur donner naissance, semble leur avoir conféré des capacités pour le moins inattendues…

Repartir de zéro…

De prime abord, ce nouveau TMNT ressemble à un reboot aux préoccupations plus modernes de la série originale, dans lequel April et sa fille se partageraient le rôle de maître Splinter et où deux des tortues seraient désormais des filles pour la caution inclusivité — mais, Dieu merci, sans « carapace-boobs » comme dans l’horrible série des années 1990 ! Dans les faits, ce redémarrage entend bien faire table rase du passé pour offrir un véritable souffle à une saga qui a trop souvent rejoué les mêmes scènes. 

Alors, oui, on retrouve quatre protagonistes aux personnalités radicalement différentes. D’abord Uno, le taciturne un brin cynique, Moja, qui a l’âme d’une leadeuse, Yi, l’intellectuelle de la bande, et enfin Odyn, le gentil géant. De leur côté, Casey et April apportent quelque chose de très maternel à leur rôle de guides. Là où Splinter évoquait un grand-père plein de sagesse, la guerrière est une véritable lionne prête à faire déferler toute sa rage pour défendre ses « petits », tandis que sa mère se montre douce, prévenante, à l’écoute, presque comme une véritable grand-mère. 

En dehors de leurs capacités extraordinaires, ces quatre tortues se posent également des questions sur leur identité, leur rôle et la manière dont la société les voit, bien loin des considérations des tortues d’origines. 

Du côté de l’environnement, New York a beau être plus futuriste que jamais — avec ses drones, ses voitures volantes et ses soldats cybernétiques —, ses problèmes font furieusement penser à ceux de notre société actuelle. Politiques racistes, criminalisation de la pauvreté, manipulation de l’opinion publique… Seule la presse a miraculeusement gardé son indépendance et continue d’apporter un contre-discours à la propagande gouvernementale, preuve que nous sommes bien dans une fiction !

… pour mieux avancer 

L’histoire prend le temps nécessaire pour se mettre en place et on a moins l’impression que certains passages sont accélérés ou passés sous silence, que dans les albums qui réunissent plusieurs comics habituels. On regrette quelques erreurs de ci de là, comme une inversion dans les prénoms des tortues ou une incise en trop entre deux chapitres, mais, de façon générale, ce tome nous a paru bien plus soigné que ne l’était la première intégrale des tortues chez le même éditeur. 

Mieux encore, en mêlant son style d’origine à celui résolument moderne des frères Escorza et de Ben Bishop, Kevin Eastman parvient à offrir une transition tout en douceur à son univers, où l’ancien cède petit à petit la place au nouveau. Ces nouvelles tortues ne viennent pas simplement jouer le même rôle que leurs ancêtres, de même qu’Amanda Konnor, la journaliste, n’est nullement un ersatz de la jeune April, qui fourrait son nez partout et qu’il fallait sans cesse sauver. Avec son final particulièrement violent, cet album rompt définitivement les liens qui le rattachaient encore à la série originale et nous offre un cliffhanger qui promet une suite bourrée de nouvelles aventures. On a hâte !

Pour une surprise, The Last Ronin II est une excellente surprise ! Sublime, prenant, passionnant, ce véritable reboot de la série entend bien offrir une nouvelle génération de tortues capables de contenter les fans de la première heure, mais aussi et surtout de parler aux nouveaux lecteurs. Une réussite incontestable.

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