Pandora Hearts, tome 2 : quand Alice tombe dans le trou…

Publié en mars 2025, ce second tome de l’édition Perfect de Pandora Hearts de Jun Mochizuki relate la suite des aventures d’Oz Vessalius et Alice entre les mondes, à la recherche de leur vérité. Toujours parfaitement soigné par Ki-oon dans une édition généreuse, aux pages colorées, et doté d’un marque- page exclusif au premier tirage, ce volume est encore plus prenant que fut le premier tome de la série.

Entre personnages réels et entités

Après qu’Oz Vessalius est revenu de l’Abysse, il se présente au manoir familial accompagné de Gilbert et Alice, et le découvre totalement abandonné et décrépi. C’est alors que Zwei, un étrange personnage membre de la troupe des encapuchonnés qui ont envoyé Oz dans l’Abysse, attaque le groupe. C’est le moment choisi par la Volonté de l’Abysse pour se manifester à travers le corps d’Alice. Le temps d’Oz est compté, il va lui falloir résoudre les énigmes que sont l’Abysse, son identité, Pandora et Alice avant qu’il ne soit trop tard.

Anatomie de la solitude

Le premier tome de Pandora Hearts était focalisé sur sa situation initiale complexe. Ce second se concentre autour de la psychologie de ses personnages, et cela fait plaisir à lire. La situation dans laquelle sont plongés les deux personnages principaux est sombre et déroutante, il est possible de voir dans ce second tome l’étendue de sa portée. Oz questionne en profondeur le fameux crime qui lui a valu le bannissement dans l’Abysse, ainsi que ses incertitudes concernant son identité réelle. Quant à Alice, elle sombre peu à peu dans l’inconscience due à l’absence de ses souvenirs et donc de son individualité. Il y a un certain art gothique dans les dessins de Mochizuki qui rendent compte avec virtuosité de la solitude intérieure que traversent les personnages – ils sont malgré tout bien entourés, accompagnés d’un groupe tout entier. Il y a, dans ce tome, de très belles planches, il est même possible de discerner certaines inspirations de l’autrice puisées dans les classiques du shôjo gothique des années 1990, comme CLAMP ou Kaori Yuki, sans que l’œuvre ne puisse cependant atteindre leur noirceur. Si les deux tomes composant ce volume ne tombent pas dans le mélodrame et la tragédie des mangakas précédemment citées, c’est grâce à l’alternance constante chez Jun Mochizuki entre le rire et la mélancolie : la solitude des personnages a beau les affecter au plus haut point et les conditionner, cela n’est que pour un temps et ne sera jamais prévalent.

Une progression majeure

Les événements scénaristiques de ce volume font grandement avancer l’histoire ce qui se révéle très jouissif à lire. Une révélation importante dans la recherche de réponses d’Oz et d’Alice concernant leur identité respective se produit, et beaucoup de nouveaux éléments sont de même révélés, tandis que des personnages débarquent sans que trop de détails ne soient livrés à leur propos. Les enfants, à la recherche de leurs souvenirs et des événements passés, vont se retrouver malgré eux plongés dans un monde parallèle qui n’est pas l’Abysse, mais qui va – assez froidement – remettre en question tout ce qu’ils croient connaître de leurs histoires familiales.

L’autrice joue avec perfection du mystère qui entoure l’intégralité de la myriade des personnages et d’événements marquants de sa série : dès qu’une réponse semble survenir, elle s’échappe pour mieux faire mariner les lecteurs et lectrices. À l’instar du nombre important de révélations qui convergent dans ce volume, si Pandora Hearts a réussi à s’étaler sur plus de vingt tomes, c’est grâce à ce maintien dans le suspense et le renouvellement des tenants et aboutissants.

Le second volume de Pandora Hearts de Jun Mochizuki renforce la psychologie des personnages de sa série tout en apportant autant de réponses que de nouveaux questionnements. Ce tome illustre assez subtilement les inspirations classiques de l’autrice, telles que certaines mangakas des années 1990, tout en approfondissant le remaniement de l’univers de Lewis Carroll et son Alice au pays des merveilles.

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