Publié chez Bragelonne, Arcana Academy d’Elise Kova est un roman de fantasy avec une touche de romance, mais qui ne tombe pas pour autant dans la romantasy pure. Le livre présente une école de magie portée sur le maniement des cartes de tarot, dans laquelle interviennent de nombreux jeux de pouvoir, le tout raconté de façon très dynamique.
« Avoir un don, ça revient seulement à avoir une ligne de départ plus proche de l’arrivée. Oui, on atteint son but plus vite, mais avec beaucoup de travail et d’assiduité, tu peux couvrir la même distance. »
L’histoire
Au royaume d’Oricalis, la magie du tarot est réservée à une élite formée à la mystérieuse Académie des Arcanes. Clara le sait bien, ce qui ne l’a pas dissuadée d’en faire un usage illicite pour survivre dans les bas-fonds de la cité d’Éclipse.
Mais lorsqu’elle est capturée et condamnée à la prison à vie, l’énigmatique directeur de l’académie, le prince Kaelis, lui offre son salut – à certaines conditions. Il voit en elle l’outil parfait pour dérober au roi les lames de tarot dont il a besoin afin de recréer une carte ultime, perdue depuis des temps reculés.
Pour mieux dissimuler son identité et la garder près de lui, Kaelis présente Clara à l’Académie des Arcanes comme une aspirante de première année qui serait également sa fiancée. Plongée dans un monde de magie arcanique et d’intrigues de cour où le moindre faux pas lui coûtera la liberté, voire pire, Clara découvre peu à peu que les apparences sont trompeuses chez ce prince qu’elle s’est juré de haïr. Mais peut-elle prendre le risque de lui donner un pouvoir absolu sur l’avenir – et sur son cœur ? Ou vaudrait-il mieux qu’elle s’en empare elle-même ?
Une histoire qui a le goût du déjà vu
Dès le début, le roman enchaîne des éléments déjà bien connus du genre. On retrouve beaucoup de clichés et de schémas classiques de la fantasy, voire de la romantasy, comme les rivalités évidentes et soudaines qui n’ont pas vraiment de raison sinon un regard de travers, ou des relations romantiques en « fuis moi je te suis, suis moi je te fuis », alors qu’un peu de communication aurait pu en régler tous les problèmes. À peine les personnages sont introduits qu’on devine déjà comment les relations vont évoluer.
Le livre s’inspire clairement d’autres grandes sagas comme Harry Potter, Shadow and Bone ou encore Throne of Glass. On retrouve cette ambiance d’académie, de maisons, de pouvoirs à maîtriser, de prisonnière sauvée par un prince qui la prend sous son aile… Cela rend l’ensemble familier, parfois un peu trop, mais a l’avantage d’être facile à suivre.
En revanche, le rythme est très soutenu. Les actions s’enchaînent rapidement, sans temps mort. On ne s’ennuie pas.
Une magie originale et plutôt bien exploitée
L’un des points forts du roman, c’est son système de magie basé sur les cartes de tarot. Les scènes de combat sont bien décrites malgré la complexité de représenter, à l’écrit, un combat où on se lance des cartes magiques. C’est clairement un élément original qui donne du relief à l’ensemble. Le seul point faible de ce système est le fait que chaque carte ait un pouvoir différent, mais que l’autrice ne prenne pas le temps de tous les décrire pour qu’on puisse bien appréhender tout ce qu’il est possible de faire avec celles-ci. Évidemment, l’expliquer dans le récit aurait été bien trop long, mais une annexe aurait été judicieuse.
Côté écriture, le roman s’en sort très bien également. Le vocabulaire est parfois assez poussé ou soutenu, les phrases sont fluides et agréables à lire. Cela change de certaines romantasy ou fantasy young adult qui misent tout presque uniquement sur leurs personnages, sans soigner le style. Ici, même si l’histoire reste classique, la lecture demeure très plaisante.
En résumé, Elise Kova propose une fantasy rythmée et accrocheuse. Malgré des éléments très prévisibles et des inspirations visibles, le roman reste vraiment bon grâce à son système de magie original. Ce n’est pas une lecture très surprenante, mais elle peut tout à fait plaire à un grand nombre de lecteurs et lectrices de fantasy young adult.