Cosmos avait su faire parler de lui dès son annonce, avec son univers de science-fiction gentiment déjanté qui met en scène les agents d’une police d’assurance interstellaire. Disponible depuis le 2 avril, ce manga de Ryūhei Tamura, à qui l’on doit le célèbre Beelzebub, propose un joli mélange d’humour, d’action et de tranches de vie.
Aliens, mensonges et assurances
Kaede Mizumori est un lycéen un peu particulier, puisqu’il est capable de sentir le moindre mensonge. Plus qu’un superpouvoir, ce don a tendance à l’isoler des autres, puisque toutes les relations – qui impliquent souvent quelques petits mensonges pour faire office de lubrifiant social – lui semblent factices, voire malhonnêtes. Le jour où Aizawa, l’un de ses camarades de classe, disparaît, Kaede accepte à contrecœur de se rendre à son domicile pour enquêter. Cette décision va le mettre sur le chemin de la mystérieuse Rin, elle aussi à la recherche d’Aizawa. La jeune femme révèle qu’elle est une enquêtrice au service d’une compagnie d’assurance intergalactique et que le camarade de Kaede est en réalité un alien en retard sur ses cotisations. Ce qui devrait être le plus gros canular de l’histoire ne déclenche pourtant pas le pouvoir de détection des mensonges du lycéen et il découvre alors que la Terre est un lieu de vacances et d’immigration pour toute sorte d’extraterrestres ! Et puisque Kaede sait tout et que son pouvoir pourrait bien aider Rin à découvrir des fraudeurs, le voilà qui rejoint l’entreprise Cosmos : les assurances de la Voie lactée.

Immigration cosmique
Si la comparaison entre Cosmos et Men in Black est pertinente, ce n’est pas seulement à cause des costumes noirs portés par les agents des deux œuvres, mais parce qu’elles présentent toutes deux les aliens non comme des envahisseurs ou des réfugiés, mais de simples touristes ! La figure de l’extraterrestre y devient le parallèle de cet « autre » perdu en terre étrangère, mis face à des règles et des cultures qu’il ne connaît et ne comprend pas toujours. La comparaison marche d’autant mieux pour les lectrices et lecteurs occidentaux, et il est facile de s’attacher à ces visiteurs interstellaires, souvent plus drôles et maladroits que méchants.

Côté rythme, Cosmos s’en sort admirablement bien. Son premier tome offre une juste dose d’action, d’enquête, d’humour et de moments plus doux, qui explorent les doutes et les réflexions de certains personnages. D’ailleurs, si ces derniers sont quelque peu stéréotypés, ils sont tous intéressants et bien écrits, on regrette juste que Kaede ne leur pose jamais les questions qui nous brûlent les lèvres, lui qui semble accepter la situation initiale du récit avec un certain stoïcisme.

Graphiquement, le manga ne souffre d’aucune faiblesse. On y retrouve les trames impeccables et l’action nerveuse de Ryūhei Tamura. À ce sujet, si les scènes de combats et les transformations physiques des aliens sont particulièrement réussies, quelques passages plus poétiques, notamment une somptueuse double page de ciel étoilé, mettent en exergue la beauté de l’univers avec un talent certain.
| Cosmos est une très bonne surprise dans le paysage du manga fantastique/SF. Les missions épisodiques menées par ses personnages se prêtent parfaitement à une lecture « sur le pouce », même si l’on imagine qu’un fil rouge va se dessiner petit à petit dans les prochains tomes. Des tomes que nous avons hâte de découvrir et qui vont surement permettre d’étoffer les personnages intrigants présentés dans ce premier volume. |
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