Talisman est un roman fantastique écrit par Stephen King et Peter Straub, publié à l’origine en 1984 et aujourd’hui disponible dans la collection « Imaginaire » du Livre de Poche. C’est un livre qui a marqué son époque, mais qui porte aussi les traces de son âge : certains passages peuvent aujourd’hui déranger, notamment à cause de remarques racistes, homophobes ou sexistes.
L’histoire
Les Territoires sont peuplés de chimères, de bonnes fées et de démons. Nul n’y entre, pas même un enfant, sans risquer de perdre sa vie et son âme… Une plage déserte, quelque part sur la côte est des États-Unis. Jack Sawyer, douze ans, scrute l’horizon, tourmenté… Sa mère se meurt d’un mal inconnu, et Jack désespère de pouvoir l’aider. Le vieux Speedy Parker, joueur de blues devenu gardien de parc d’attractions, lui révèle l’existence d’un autre monde, qu’il appelle les Territoires. Un endroit féerique, mais terriblement dangereux, où le ciel est transparent et profond, et les senteurs plus fortes. C’est là que se trouve le Talisman, seul remède qui puisse sauver la mère de Jack. À l’issue de semaines d’épreuves au cœur de l’enfer et du désespoir, le garçon pourra-t-il résister à la force extraordinaire qui s’emparera alors de lui et vaincre ses propres démons ?
Un univers plein de facilités
Sur le papier, Talisman a tout pour plaire : un jeune héros, Jack, 12 ans, une quête à travers plusieurs mondes, et un univers étrange appelé les Territoires. Mais dans les faits, tout semble un peu trop facile. Le personnage de Jack est difficilement crédible. Il a parfois des réactions et des réflexions d’adulte, puis redevient soudain un enfant dès qu’il fait une erreur. Ce décalage le rend peu vraisemblable. De la même façon, les Territoires donnent souvent l’impression d’être un monde où tout est possible, surtout quand ça arrange l’histoire. Cela crée pas mal de facilités scénaristiques.
De plus, au début, le personnage de Speedy est intéressant, presque attachant. Mais plus on avance, plus une question se pose : pourquoi ce n’est pas lui qui part chercher le Talisman, puisqu’il connaît déjà les Territoires et sait où il se trouve ? Ce genre de détail finit par casser un peu la logique de l’ensemble.
Une lecture lente et frustrante
Le principal problème du roman, c’est son rythme. L’histoire donne l’impression de tourner en rond. Jack marche, fuit, change de monde, puis recommence. Et, paradoxalement, plus il avance, moins on a l’impression que l’histoire progresse. Les enjeux mettent énormément de temps à arriver, ce qui rend la lecture assez ennuyeuse.
En outre, ce livre est composé de deux histoires : la première autour de Jack, la seconde étant un spin-off de La Tour sombre de Stephen King. Et cette particularité n’aide pas à la bonne appréciation du roman. Enfin, l’écriture à quatre mains entre Stephen King et Peter Straub se ressent. Comme expliqué en préface, les chapitres ont été répartis entre les deux auteurs, et cette alternance crée une impression d’irrégularité. Le style change, le rythme aussi, ce qui peut sortir de l’histoire.
| En résumé, Talisman est un livre qui peut malgré tout plaire aux amateurs de fantastique et aux fans de Stephen King curieux de découvrir une œuvre différente, surtout pour son univers et ses liens avec d’autres récits, mais il faut être prêt à accepter ses longueurs et ses défauts pour en profiter. |
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