Les éditions ActuSF ont lancé, le 12 mars 2026, leur toute nouvelle collection, Nagori. Celle-ci, consacrée à la publication de romans courts, propose comme titre de lancement Fragments d’un Dieu mourant, un roman de Jonathan Brychcy.
L’histoire d’une quête (é)perdue
Le court roman de Brychcy se déroule dans un monde où, à cause d’un souhait de la Déesse absolue, le roi ou la reine élu‧e a le pouvoir de maîtriser la météo grâce à ses émotions. Le souverain en fonction est amoureux du chevalier chargé de sa garde personnelle. Tout allait pour le mieux jusqu’à ce que le roi soit frappé par une grave dépression, qui provoque la destruction des terres et des récoltes, semant la colère dans le cœur de ses sujets. Le chevalier et amant du roi se met alors en quête d’une chose impossible : rencontrer la Déesse pour mettre fin à ce supplice.
Pour une narration tragique et passionnée
Jonathan Brychcy aborde, dans son roman, cet univers à la fois simple, sombre et inspiré d’une façon assez surprenante. Les très courts morceaux de textes s’enchaînent dans une alternance presque parfaite entre deux stades diamétralement opposés de l’histoire. D’un côté, la temporalité présente, celle d’une quête minable et profonde, presque impossible, inadmissible, d’un homme amoureux qui cherche à trouver une solution à un problème autant étatique qu’affectif. De l’autre, le temps passé et perdu de deux hommes qui se découvrent, se cherchent, s’entendent, se voient, s’aiment et qui, lentement, au fil de la dépression qui progresse, se défont malgré eux. Il y a une poésie dans l’histoire que raconte l’auteur, apportée par la mise en forme de son récit qui, en confrontant ces deux temporalités, exacerbent le bon et le mauvais de chacune d’entre elles. La tragédie de cette histoire d’amour passée, dans laquelle baigne la quête du chevalier, n’est cependant pas intégralement accablante grâce à différents changements de dynamiques intéressants.
Une plume remarquable et une question de souffle
Ce qui touche tout particulièrement dans ce roman, ce n’est pas tant le scénario qui, malgré sa fougue, n’impressionne guère, mais plutôt la plume maîtrisée et entêtante de l’auteur. Un nombre incalculable de paragraphes monophrastiques, souvent des phrases averbales, des répétitions de mêmes termes, encore, et encore, pour les ancrer profondément dans la rétine des lecteurs et lectrices, pour qu’ils et elles puissent mieux s’imprégner du mal-être, d’abord foudroyant, puis existentiel, du personnage principal. Brychcy use d’une poésie de la désolation et de la fulgurance dans son alternance de focalisation temporelle, mais cela se fait toujours par le gestion d’un souffle narratif : un essoufflement de désespoir ou un halètement de passion.
| Ce mélange de passion et d’horreur que sont les Fragments de Brychcy a tout pour séduire les amateurs et amatrices de romans courts, mais déroutants, de textes qui changent de ce que l’on a l’habitude de voir. Une histoire simple, mais tragique à souhait et pleine d’amour. La plume poétique et lascive de l’auteur transporte et pousse les lecteurs et les lectrices dans leurs retranchements. |
Ouvrage reçu dans le cadre d’un service presse
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