Publié aux Éditions Critic, Colla Scura est un thriller fantastique signé Richard Canal, un auteur déjà bien installé dans le genre. Ici, il propose un roman qui s’éloigne un peu de l’action pure pour se concentrer sur une idée centrale : une vision originale du temps. Le livre se veut assez intellectuel, avec une intrigue qui repose davantage sur des concepts et des théories que sur le rythme ou les rebondissements classiques.
« L’homme est la seule créature du monde qui a une conscience assez juste de tout. De tout, sauf du ridicule. »
L’histoire
Pendant que le commun des mortels vieillit en silence, certains êtres exceptionnels sont capables d’emmagasiner du temps au point de devenir quasi immortels. Dernièrement, toutefois, les sources auxquelles ils s’approvisionnent semblent se tarir, et les rangs des time-hoppers se clairsèment dangereusement. C’est le début d’une course contre la montre et un ennemi inconnu. Pour percer les mystères du temps et des sabliers très convoités de la famille Malaterre, ils vont devoir faire taire des haines centenaires et œuvrer ensemble. Reste à savoir à qui ils peuvent réellement se fier…
Un concept fort, mais des personnages en retrait
Comme souvent dans les romans où le concept prend toute la place, les personnages passent un peu au second plan. Dans Colla Scura, ils sont assez peu développés, leurs émotions comptent peu, et on a parfois du mal à vraiment s’attacher à eux. Le cœur du livre, ce n’est pas eux, mais bien cette idée du temps, des sabliers et de la manière dont tout cela s’articule. Néanmoins, Analisa Dalla Costa sort quand même du lot. C’est l’un des personnages les plus intéressants.
La lecture demande aussi un certain effort au début. Il y a beaucoup de personnages (ce qui n’aide pas leur développement et l’attachement que peut éprouver le lecteur ou la lectrice) et plusieurs intrigues qui s’entrecroisent, avec des changements réguliers de point de vue. Il faut un peu de temps pour comprendre qui est qui et comment tout s’imbrique.
Une intrigue complexe et intéressante
Le roman fonctionne avant tout comme une course contre la montre. Mais quand on joue avec le temps et l’espace, il ne faut pas se brûler les ailes : certaines scènes sont questionnables, notamment quand les personnages enchaînent des déplacements aux quatre coins du monde pour des rendez-vous très courts.
Ces changements spatiaux et de points de vue demandent beaucoup de concentration pour suivre le récit. Faire trop de pauses dans la lecture peut compliquer la compréhension, surtout avec une intrigue aussi dense et des rebondissements qui s’enchaînent. Cependant, les péripéties gardent les lecteurs et lectrices en haleine et sont souvent source de bonnes surprises.
En résumé, Richard Canal propose un thriller fantastique original, centré sur une réflexion autour du temps et de la vie. Le roman peut dérouter par sa complexité et ses nombreux protagonistes, mais il offre aussi une idée forte qui tient la lecture. Ce n’est pas un livre pour tout le monde, mais pour celles et ceux qui aiment les intrigues intellectuelles, les constructions complexes et les histoires qui demandent de l’attention, il peut vraiment valoir le détour.