Après le cycle d’Elric, puis Hawkmoon, les éditions Glénat continuent d’adapter l’œuvre de Michael Moorcock en bande dessinée. Cette fois-ci, c’est Corum, le prince à la robe écarlate, qui voit ses aventures prendre vie sous le trait et les couleurs de Luca Merli (Elfes, West Legends, Le Pape terrible…).
Vengeance
Les Mabdens, une race humaine de barbares cruels, ont presque entièrement annihilé le peuple des Vadhaghs. Corum Jhaelen Irsei est le seul survivant de ces massacres. Capturé par le comte mabden Glandyth, il est torturé, perd un œil et un bras, avant de parvenir à s’enfuir pour échouer sur le domaine du comte Moidel, qui lui porte assistance. Lorsque Glandyth revient pour finir le travail, Corum est sauvé par le mystérieux Shool-an-Jyvan qui lui propose une mission bien singulière : voler le cœur du dieu Arioch, chevalier des épées, qu’il dit à l’origine de l’attaque des Mabdens, et ainsi venger les Vadhaghs. Pour mener à bien sa tâche, Shool offre à Corum un œil capable de voir à travers les différents plans de l’existence, ainsi qu’un nouveau bras pour remplacer celui qu’il a perdu, mais qui semble agir de sa propre volonté pour protéger son porteur. Désormais, Corum est l’outil d’un jeu entre les divinités qui le dépasse.
Une esthétique léchée
David Chauvel, au scénario, a eu fort à faire pour parvenir à adapter une histoire aussi dense et vaste que celle de La Trilogie des épées, et la faire tenir dans trois albums de 64 pages. Si ce premier tome, Le Chevaliers des épées, prend quelques libertés avec le récit d’origine, c’est pour se concentrer sur la quête principale de son héros et ne pas surcharger une aventure au demeurant très riche. Il reste parfois la sensation que les événements vont trop vite, comme si tout se déroulait sans temps morts, dans l’urgence. Pourtant, l’histoire parvient aussi à ménager quelques moment poétiques, presque lyriques, dont les échos philosophiques rappellent sans ambages les romans d’origines.
Là où Corum se distingue, c’est cependant dans son esthétique léchée. À ce sujet, on ne saurait trop vous conseiller de craquer pour l’édition spéciale proposée par Glénat, dont la couverture est une véritable merveille qui mêle habilement Art nouveau et gothique. L’artiste italien Luca Merli se montre aussi doué lorsqu’il s’agit d’illustrer le symbolisme onirique de l’œuvre que de mettre en scène ses monstres de dark fantasy.

| Avec Corum, les éditions Glénat permettent une nouvelle fois au lectorat de (re)découvrir l’une des œuvres majeures de Michael Moorcock, dans un format qui gagne en fluidité, mais n’est pas dénué de complexité. Élevée au rang d’objet d’art par le travail artistique de Luca Merli, cette bande dessinée suscitera à coup sûr la curiosité des fans de l’auteur britannique, tout comme celle des néophytes. |
Album reçu dans le cadre d’un service presse.
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