Le premier roman de Brittney Arena est depuis quelque temps attendu et annoncé par Bragelonne comme l’une de leurs grosses sorties du mois de mars. A Dance of Lies est le premier tome d’un diptyque plus ancré dans le genre de la fantasy que de la romantasy, bien qu’il puisse s’en rapprocher, et signe le début d’une belle carrière d’écrivaine pour son auteure.
Une jeune femme en réinsertion sociale
Vasalie Moran était danseuse à la cour du Miridran occidental, alors gouvernée par le roi Illian, jusqu’à ce qu’elle se fasse enfermer par celui-ci pour un crime qu’elle n’a pas commis. Deux ans ont passé et de nombreuses souffrances ont été endurées au fin fond de ce cachot. Cachée aux yeux de tous, oubliée par tous, Vasalie est alors appelée par son roi pour gagner sa liberté au gré d’une mission qu’elle seule peut réussir : infiltrer l’assemblée des Couronnes, une réunion de plusieurs jours entre toutes les cours du continent, et effectuer, sous couverture, des tâches réclamées par Illian. Vasalie embarque alors comme espionne dans un monde de verreries, de pierres précieuses, de mensonges et d’apparences trompeuses.
Quand la romantasy se découvre une renaissance
Si le genre de la romantasy s’est fortement développé et démocratisé depuis quelques années, Bragelonne décide de frapper fort avec cette parution surprenante et rafraîchissante. En effet, A Dance of Lies offre aux lecteurs et lectrices une expérience sensorielle proche de ce que l’on pourrait imaginer être une visite d’une verrerie ou d’une mine de pierres précieuses, le tout en habits de soirée royaux. Vasalie intègre un écosystème qui lui est plus ou moins inconnu pour s’y fondre sous une (double) fausse identité, et va devenir le pilier d’une aventure autant politique qu’émotionnelle. Les réflexions posées sont intéressantes : l’importance de la stabilité, celle de prendre sa vie en main, de vivre pour soi… Plus qu’un simple roman de fantasy, ce premier volume propose d’observer l’évolution très nette de son personnage, grandissant chapitre après chapitre pour passer d’une simple créature de papier vengeresse à une personnalité profonde et ambigüe, bien que prête à tout. Aussi, la romance n’interfère jamais trop avec l’avancée de l’intrigue ou les évolutions psychiques des différents personnages, ce qui allège réellement l’expérience de lecture.
Des systèmes singuliers
Différents phénomènes peuvent s’observer durant la lecture de A Dance of Lies. Il y a, dès le commencement du récit, la mise en place de dynamiques terribles et entraînantes : des personnages ayant des attitudes et des personnalités fortes, mais qui sont opprimés face à des dictateurs encore plus terrifiants en réalité qu’en rumeurs. Les on-dit ont la voix forte au sein du Miridran ; et si les apparences étaient plus puissantes que la réalité ? Et si une personnalité importait moins que l’image renvoyée par celui qui l’incarne ? Notre reflet doit-il satisfaire les autres, ou nous-mêmes ? À travers des éléments parfois anachroniques, une certaine philosophie, agréable au demeurant, se dégage de l’univers de Vasalie Moran. Elle questionne l’importance d’une stabilité des valeurs dans un monde où tout (et tout le monde) est coruptible, volatile, et faible, malgré un simulacre de pouvoir. Le premier roman de Brittney Arena possède nombre d’éléments qui surprendront ses lecteurs et lectrices lorsqu’ils s’aventureront dans la vie de Vasalie.
| Le premier tome de A Dance of Lies, diptyque de Brittney Arena, est une réussite aussi belle que la mission de son personnage principal. En quête d’une liberté qui ne sera peut-être jamais acquise – à cause de sa personnalité, de son sexe ou de sa passion – Vasalie nage étonnamment bien entre les complots. Une romantasy surprenante, voluptueuse et, parfois, touchante. |
Ouvrage reçu dans le cadre d’un service presse
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