Le Livre d’Ayla tome 3 : une conclusion à la hauteur de la saga

Séverine de La Croix et Violette Grabski concluent leur ode à la nature et à la féminité d’une très jolie façon dans le troisième tome du Livre d’Ayla, la volonté d’Ah-Uile. Alors que le merveilleux tutoie la violence des humains, la jeune héroïne va devoir faire un choix : préserver le monde magique et en priver l’humanité, ou trouver une solution pour faire cohabiter les deux mondes.

« L’amour de Béatha est immense, telle la course du soleil sur la Terre. Mais comme toute énergie, il a besoin d’être nourri pour perdurer. »

Le Livre d’Ayla, Grabski, De La Croix, Delcourt.

La folie des hommes

Alors que les fées, elfes, korrigans et autres sirènes fuient peu à peu par le portail de Tilgivelse pour échapper à la folie des humains, lancés dans une croisade contre le monde magique, Ayla développe ses pouvoirs de Mogaï aux côtés de son oncle. La jeune fille garde espoir de trouver une solution pacifique, qui bénéficierait autant aux humains qu’aux créatures magiques, et qui mettrait fin à la violence. Si la déesse Béatha lui offre son soutien dans cette voie emplie d’amour et de compassion, certaines divinités ne désirent plus laisser d’autre chance à une humanité désenchantée…

Poétique

C’est avec beaucoup de plaisir que l’on retrouve le trait doux, sensible et poétique de Violette Grabski. L’artiste dépeint la nature et la magie avec un onirisme rendu possible par son usage de l’aquarelle, qui donne aux teintes, à la lumière, la sensation vaporeuse d’un rêve. Le scénario n’en garde pas moins ses aspects dramatiques et continue de confronter ses personnages féminins à une chasse aux sorcières menée par un inquisiteur zélé. Néanmoins, l’optimisme et le cœur d’or d’Ayla, ainsi que la grande force des personnages secondaires, continuent de porter le récit et de lui donner son aura lumineuse.

Toujours aussi inspirante, la jeune fille démontre que l’héroïsme peut prendre de multiples formes, et qu’il y a d’autres voies que celle de l’affrontement pour gagner une bataille. Un message de paix, de bienveillance et de solidarité qui résonne agréablement au sein d’un paysage littéraire rarement dénué de violence.

Le Livre d’Ayla a su proposer une histoire pacifiste et optimiste sans jamais tomber dans la naïveté. La conclusion de cette série jeunesse inspirée des mythes et légendes celtiques célèbre avec brio la vie, l’espoir et le vivre-ensemble. Une belle leçon d’humanité.

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