Ki-oon met les petits plats dans les grands depuis le milieu d’année 2025 pour préparer l’arrivée, dans le second pays lisant le plus de mangas au monde, de la nouvelle série qui fait trembler de plaisir les Japonais. Ichi the Witch est un manga sorti en septembre 2024 dans le très fameux Weekly Shōnen Jump de la maison d’édition la plus symbolique du pays : Shueisha. Cette série a su se faire remarquer dès ses premiers chapitres, puisqu’il s’agit de la toute première à être dirigée par un duo de femmes à être publiée dans le légendaire magazine hebdomadaire.
L’histoire d’un chasseur découvrant son monde
Abandonné encore jeune dans la montagne, Ichi a développé dès son enfance un instinct de survie hors du commun. Ignorant tout du monde dans lequel il est né, ainsi que de la société qui se trouve derrière les limites des montagnes qu’il habite, Ichi est devenu un chasseur hors- pair, vivant comme l’être humain primitif qu’il est. Il met en place un régime de chasse particulier et ordonné : il ne tuera que les créatures voulant attenter à sa vie, laissant les pacifistes vivre.
Un beau jour, Ichi tombe par hasard sur Uroro, un majik maléfique qui menace le village voisin. Ni une ni deux, il vole au secours des sorcières qui essaient de le battre en vain. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’en remportant le combat, il devient le tout premier homme sorcier de l’histoire.
Un titre au sommet de la comédie
S’il est bien quelque chose de peu étonnant, mais bien maîtrisé dans Ichi the Witch, c’est son intrigue et son scénario. Les bases de l’univers pensé par Osamu Nishi se fondent sur de nombreux clichés que l’on peut retrouver dans les œuvres typiques du shōnen, mais c’est avec un plaisir débordant que l’on plonge dans cette aventure à la frontière entre la tranche de vie, l’action et le mystère, que l’on devine dans les prochains volumes. Le scénario mis en place par Osamu Nishi, à qui l’on doit notamment Iruma à l’école des démons, est truculent et rempli d’abondantes références. Des détails provenant de multiples mythologies jusqu’aux textes de littérature fantastique, Ichi the Witch s’amuse à détourner les attentes pour offrir quelque chose de peu révolutionnaire, mais absolument surprenant.
En plus de cette simplicité affirmée, le commencement de la série est particulièrement drôle ! Il y a ce brin d’humour très typique du genre, avec des héros qui ont des caractères que tout oppose, des encarts remplis de dessins de personnages en chibi, un héros qui n’est pas très réfléchi, etc. Cependant, il y a dans l’humour de la série quelque chose de très actuel, des défauts dans chacun des personnages qui les rendent presque immédiatement attachants. En bon shōnen, Ichi the Witch ne s’ouvre pas par des sujets difficiles, profonds ou dangereux, il introduit des personnages sympathiques qui partent taper des (plus ou moins) gros monstres, le postulat de base est posé.

Des graphismes magiques
Si le scénario, l’humour et les idées permettent de comparer la série de Nishi et d’Usazaki à d’autres du même genre, il y a bien quelque chose qui la distingue de la moyenne : la qualité de l’illustration. Le trait de Shiro Usazaki (ayant aussi écrit la série avortée Act-Age) est étonnant, surprenant, mais grandiose pour un shōnen. Des pages très fournies, des scènes de combats vraiment dynamiques et très lisibles malgré la démesure de certains pouvoirs, etc. Si Usazaki se permet certaines irrégularités, dans lesquelles les chibis abondent et les traits grossissent, la plupart des cases mettent l’accent sur les tenues, les accessoires, les artefacts… Parfois, le style de la dessinatrice d’Ichi the Witch fait penser à celui de Kamome Shirahama et son Atelier des sorciers, mais elle arrive à s’en éloigner très rapidement pour offrir quelque chose de bien plus baroque et moderne.

Quoi ? Un homme-sorcière ?!
La série des deux autrices n’est pas exempte d’originalités qui font sa force. S’il est possible de noter dès les premières pages la présence d’un personnage de couleur (fait encore absolument rare dans les mangas, bien que la tendance tende à légèrement s’inverser au fil des années) et qui est ni plus ni moins que la sorcière la plus douée au monde, la véritable force de l’univers réside dans ses fondations. Ichi se voit posséder des pouvoirs presque par hasard et débarque alors dans un monde où la magie est exclusivement pratiquée par des femmes, les hommes ne possédant que leurs muscles pour être utiles à la société. Tout est régi par des femmes dans l’univers de Nishi et Usazaki qui sont, elles-mêmes, des femmes aux commandes de leur propre série. La symbolique de cette prise de pouvoir par les femmes est un point très positif et rafraîchissant à noter. Ichi, premier « homme-sorcière » au monde, va ainsi grandir dans un univers qui lui est forcément hostile, où rien, des vêtements aux artéfacts, n’est accordé à son sexe, et cela va lui imposer un challenge supplémentaire très intéressant.

| Les deux premiers volumes de cette nouvelle série qui a tout pour être un succès sont très solides sur leurs appuis. Prenant place dans un univers qui ne surprend pas de prime abord, car ressemblant beaucoup à d’autres titres du même genre, Ichi the Witch arrive à être une petite surprise très plaisante, autant par ses côtés autant amusants que permissifs. Un panel de personnages tous plus hauts en couleur les uns que les autres attendent les lecteurs et lectrices dans cette nouvelle aventure qui, pour l’instant, n’indique pas où elle peut mener, mais qui embarque son lectorat avec plaisir, joie et grand bruit ! Ichi the Witch, présent dès aujourd’hui dans toutes les librairies ! |
Ouvrage reçu dans le cadre d’un service presse
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