La Ville : une œuvre méconnue du dessinateur de la Caste des Métabarons, enfin disponible !

La bande dessinée sud-américaine possède son lot de géants, injustement méconnus sur nos terres éditoriales. Heureusement, avec les éditions Ilatina, spécialisées dans le genre, c’est tout un monde graphique qui débarque enfin chez nous ! 

En février, ils amènent deux titans de la bande dessinée SF dans leur catalogue : Juan Carlos Gimenez, dessinateur mythique de La Caste des Metabarons, un sommet de SF, et le scénariste Barreiro Ricardo, collaborateur de longue date Gimenez. Avant leurs faits d’armes sur la saga L’Étoile noire et As de Pique, le duo avait réalisé un one-shot inédit et atypique, La Ville, un récit à la croisée de New York 1997 et Mad Max, qui vaut vraiment le détour !

L’histoire

Jean passe une mauvaise soirée, en train de décuver au cœur des rues de Paris.  Alors qu’il rentre chez lui, il sent que quelque chose ne va pas : il ne reconnaît plus son quartier. La ville semble abandonnée et la nuit parait être devenue éternelle. Jean ne le sait pas, mais il n’est plus à Paris et une nouvelle vie l’attend désormais… au cœur de la Ville.

Alice au pays de Mad Max

Retrouver le trait si familier de Gimenez est toujours un plaisir pour les yeux, encore plus quand il décide, sous prétexte d’une ville labyrinthique, de convoquer de multiples références de pop culture ainsi que des clins d’œil à des récits millénaires.

De nombreuses rencontres jalonnent effectivement l’aventure de Jean et Karen, la plupart chargées d’une dimension métaphorique à la façon d’un conte surréaliste : d’un immense supermarché robotisé à un déluge sans fin, d’un métro qui ne s’arrête jamais à un simulacre de société utopique, La Ville est une variante façon « Métal Hurlant » d’Alice au Pays des Merveilles. Chaque rencontre évoque des thématiques universelles et transforme cette aventure en un mélange des genres, allant de la dark fantasy au postapo industriel.

Le trait fouillé et élégant de Gimenez n’a pas perdu de sa superbe et l’artiste nous gratifie de compositions graphiques d’un noir charbon somptueux, surtout quand il s’agit de mettre en case des courses poursuites effrénées. 

La Ville est une exploration des travers de l’humain unique en son genre, une référence trop vite oubliée de la carrière prolifique de Gimenez. Grâce aux éditions Ilatina, ce bijou de SF est enfin de retour à sa juste place.

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