Rainbow apocalypse : quand la fin du monde rencontre un humour déjanté

Envie de sortir des sentiers battus de la fantasy ? D’éviter les schémas trop usités et de trouver un one-shot écrit par un auteur français ? Rainbow apocalypse, de Tristan Valroff au Rouergue, devra être votre prochaine lecture. Dans ce roman, vous aurez droit à du postapocalyptique où tout le monde a réussi à reconstruire sa vie et où l’apocalypse n’est qu’une anecdote parmi d’autres. Ici, toutes les créatures possibles et imaginables sont devenues réelles et discutent accoudées au bar avec les humains du coin.

« J’ai écrit dessus, en grosses lettres roses : Bibliothèque Itinérante. Puisque c’est de ça qu’il s’agit : nous ne transportons que des livres. Et puis ça décourage les bandits. Ils voient tout de suite que nous sommes pauvres. »

L’histoire

Personne ne s’y était attendu : nous avons d’abord cru à une gigantesque farce, puis nos sourires incrédules se sont figés sur nos visages, les étoiles dans nos yeux se sont éteintes. Les fées sont arrivées, sorties d’on ne sait où, et ont transformé le monde et ses habitants. Elles nous ont offert une apocalypse couleur arc-en-ciel. Sarah, Maylis la licorne et Léa la dragonne ont survécu. Ensemble, avec leur bibliothèque itinérante, elles mènent une vie calme au milieu du chaos. Jusqu’au jour où les fées confient une mission à Sarah : un assassinat…

Un univers fort et débridé

Rainbow Apocalypse repose sur une excellente idée de départ : dans leur volonté d’améliorer le monde, les fées ont supprimé les infrastructures modernes, l’électricité ou encore les armes à feu, tout en transformant aléatoirement des humains en chimères multicolores. Le résultat est un monde chaotique et absurde. L’arrivée d’un sorcier capable de faire réapparaître des éléments du monde d’avant (station-service, toilettes de chantier, métro de la RATP) vient saboter le projet des fées et crée la perturbation nécessaire au début de l’histoire. L’humour, les références culturelles et l’absurde fonctionnent bien et peuvent parler à un large public.

Cela dit, quitte à assumer ce ton déjanté, le roman aurait pu aller encore plus loin. Les créatures créées par les fées manquent parfois de descriptions, et l’immersion dans cette nouvelle coloration du monde reste un peu en surface. La reconstruction de la société est pourtant bien amorcée, avec plusieurs groupes clandestins, des villes esquissées et des dynamiques de pouvoir intéressantes. On sent un potentiel plus psychédélique, plus radical, qui n’est pas totalement exploité.

Des personnages féminins forts

Le roman se distingue du point de vue des personnages, qui sont en nette majorité féminins, mais sans romance imposée ni compagnon masculin artificiel. Les trois protagonistes, Sarah, Léa et Maylis, évoluent dans un récit où les femmes occupent des rôles de pouvoir, de commandement ou de résistance, sans stéréotypes lourds. Les personnages masculins existent, mais ne sont jamais dominants ni problématiques. Ce récit montre une réelle égalité entre les personnages masculins et féminins. En revanche, Maylis et Léa manquent de développement, ce qui est frustrant, même dans un one-shot. Le passé de Sarah est évoqué sans être réellement clarifié, et sa relation avec les deux autres n’est exploitée qu’à un moment précis du récit. Dans le dernier quart, ces deux personnages deviennent d’ailleurs plus que secondaires.

Rainbow Apocalypse est un roman à part, inventif et drôle, porté par une idée loufoque, mais solide. Derrière l’humour, le récit nous emmène dans un monde alternatif qui fait rêver avec toutes les couleurs qui ont disparu de notre monde actuel. Malgré un manque d’audace dans l’exploration de son univers et des personnages parfois sous-exploités, le roman se démarque par son ton et son refus des codes des romans pour adolescents. Une lecture originale, imparfaite, mais clairement singulière.

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