The Junction : le retour de Norm Konyu

Après l’excellent Downlands, l’auteur canadien Norm Konyu revient avec un album tout aussi mystérieux et addictif : The Junction. Si l’on y trouve des similitudes avec leone-shot précédent, à commencer par un découpage hérité du cinéma d’animation, cette nouvelle histoire parvient à porter un regard différent sur certains des sujets préférés de l’auteur.

Revenant

Lucas Jones, disparu à l’âge de 11 ans, est retrouvé douze ans plus tard par la police de Medford, sa ville natale. Le jeune homme présente tous les signes d’une expérience traumatique : il est presque muet, apathique, distant, étrangement hanté, mais surtout, et c’est bien-là ce qui déroute le plus l’inspecteur David King, chargé de l’enquête, Lucas n’a pas vieilli d’un jour.
Les réponses se trouvent peut-être dans le journal intime que le garçon avait sur lui lorsqu’il a été retrouvé, dont le contenu est étrangement confus. À moins que la psychologue Jean Simons, dépêchée sur l’affaire, ne parvienne à faire parler Lucas.

Mystère

Dès les premières pages, Norm Konyu parvient à saisir notre curiosité et à nous emporter dans le mystère qui entoure Lucas Jones. D’ailleurs, est-il vraiment celui qu’il semble être ? Comment aurait-il pu garder l’apparence d’un enfant de 11 ans pendant vingt-trois ans ? Mais dans ce cas, pourquoi possède-t-il ses affaires et son apparence ? Très vite, on abandonne l’idée de trouver une explication rationnelle à cette énigme pour plonger dans l’univers surnaturel et légèrement inquiétant de The Junction.

Si Downlands affichait d’emblée son côté fantastique, The Junction sème le doute, à la manière du jeu Night in the Wood ou du Chien des Baskervilles. Difficile de savoir si les événements relatés dans le journal du jeune homme sont réels ou le simple produit de son imagination couplé à un traumatisme. Le récit prend son temps, l’étrangeté s’installe peu à peu, et si l’on sent les contours de quelque chose de familier se dessiner (surtout si l’on connaît le titre précédent de l’auteur), la surprise est bien là lors du dénouement.

Le cahier de création placé en fin d’ouvrage est particulièrement enrichissant. Là où ce genre de bonus offre habituellement une sorte d’artbook concis, Norm Konyu propose ici une véritable plongée dans son processus créatif et les méthodes qui donnent leur caractère si singulier à ses personnages et à ses environnements.

Avec The Junction, on retrouve le style, l’ambiance et les thèmes de prédilections de Norm Konyu : famille, mémoire et perte. Un album intrigant et profond, qui confirme le talent de l’auteur canadien pour les histoires mystérieuses.

Album reçu en service presse.

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