Non content d’être le premier mangaka français publié au Japon avec l’excellent Radiant, qui connaît le succès depuis son premier tome en 2013, Tony Valente a conclu 2025 avec ce qui pourrait bien être sa meilleure œuvre : Fabula Fantasia. Présenté comme un spin-off de sa série phare, c’est surtout un superbe mélange d’humour, de fantasy et d’aventures avec un ton moderne de très bon goût, qui peut se lire indépendamment de Radiant. Disons-le tout de suite : nous avons été conquis.
Pouvoir de l’imagination
Les Reliques sont des objets magiques qui offrent des pouvoirs vertigineux à celles et ceux qui les possèdent. Mais, comme toute source de puissance, elles ne viennent pas sans contreparties, à commencer par l’aliénation des humains qui se battent pour en prendre le contrôle. Bard connaît bien leur danger et ne désire rien de moins que les détruire pour débarrasser le monde de leur magie. Pour cela, il lui faut passer de l’autre côté du miroir, dans ce monde né des contes de fées qui donnent leur force aux enchantements et rendent les choses plus… mortelles. C’est de là que les Reliques tirent leur pouvoir, dans la croyance des gens en la magie, les héros, les dragons et les princesses endormies.
Pour Bard, ado aux modestes origines paysannes sans pouvoir particulier, la quête de destruction de ces artefacts quasi divins va s’avérer dangereusement épique.

Humour, action et fantasy
Fabula Fantasia nous lâche dans son récit presque sans filet de sécurité pour mieux nous imprégner de son univers. Lâchés, oui, mais jamais largués ! L’histoire, le contexte, les enjeux… Tout prend sens petit à petit, à la manière d’un film de Tarentino, qui commence par la fin pour mieux surprendre au fur et à mesure que la compréhension gagne ses spectateurs. Et des surprises, Tony Valente en a sous le coude ! Si l’on a vu beaucoup d’œuvres tordre et se réapproprier les contes de fées ces dernières années, aucune n’avait proposé une version aussi punk, aussi jouissive et drôle que celle-là.

Loin des princes sur leur blanc destrier à la recherche d’une princesse à sauver, Bard se bat à l’aide d’une fourche et monte un bouc malicieusement nommé Goathier. Les princesses ne sont d’ailleurs pas en détresse, mais déterminées à s’émanciper des héros qui veulent faire d’elles des trophées ou des rois qui cherchent à les épouser contre leur volonté. Une vision moderne qui s’accorde parfaitement avec le ton du récit et le langage des personnages. Car si Fabula Fantasia traite de sujets sérieux dans un monde violent, patriarcal et parfois cruel, son récit ne manque pas d’humour. Un cocktail d’aventure explosif et très bien rythmé, dont nous avons hâte de découvrir le tome 2.

| Fabula Fantasia est LA bonne surprise de la fin d’année 2025. Un manga bourré d’action, résolument novateur, qui promet de réinventer les standards du conte de fées avec autant d’impertinence que d’intelligence. Une pépite. |
Reçu dans le cadre d’un service presse fortement réclamé 🙂
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