On avait annoncé la sortie de Tunnels, ce nouveau récit entre road trip familial et horreur mécanique signé Michaël Sanlaville (Lastman, Banana Sioule…) et voilà que Glénat nous fait l’honneur de nous en envoyer un exemplaire. C’est donc avec un certain enthousiasme que nous nous sommes plongés dans ce one-shot.
« T’as dit qu’il n’y avait plus de panneaux… et… la route, elle est différente. »
Jolène, Tunnels, Michaël Sanlaville
Road trip mortel
À l’arrière de ce break familial lancé sur la route des vacances, trois sœurs : Jolène, Samantha et Mila. Tandis que les tunnels autoroutiers s’enchaînent, la petite famille se retrouve sur une route différente, bordée par un lac aux reflets glauques, que le GPS ne parvient pas à situer. La virée familiale tourne au cauchemar lorsque surgit en bolide noir tout droit sorti de Boulevard de la mort prend en chasse le véhicule des sœurs et de leurs parents. Où sont-ils ? Pourquoi semblent-ils coincés au milieu d’une course à mort entre des pilotes déchaînés sur une route qui ne va nulle part ? Vont-ils réussir à s’en sortir vivants ?
Sur la route
Tunnels fleure bon cette ambiance de vacances en famille où la seule activité est d’observer le paysage défiler le long de l’autoroute, notamment grâce à un travail sur la lumière particulièrement réussi. Sanlaville découpe ses cases comme il monterait un film et parvient à rendre les émotions de son groupe de héros, tout comme l’impact des chocs entre véhicules, presque palpables. Mais sa plus grande réussite, c’est de parvenir à instiller une ambiance angoissante en plein jour et avec le simple vrombissement d’un moteur.
Plus que le danger lié à ses coureurs fous qui semblent les poursuivre, c’est bien la terreur qui gagne la famille qui fait monter la tension petit à petit. Lorsque le père craque à la vue du second cadavre de pilote, le récit bascule dans une folie digne du cinéma d’horreur. La fuite se double d’une quête de compréhension, car les mystérieux coureurs ne semblent avoir pour objectif que de s’entretuer avec leurs bolides. Loin d’offrir des réponses, Sanlaville transforme son histoire en drame au moment où l’on croit voir le bout du tunnel et se fend d’une ellipse pour jeter le flou sur le fin mot de son histoire. En optant pour une conclusion qui conserve une grande part de mystère, l’auteur frustre son public, mais ouvre aussi le champ des possibles. Un choix audacieux, mais risqué.
Tunnels est un one-shot généreux dans le plus pur style de Michaël Sanlaville. Ce thriller haletant se dévore au rythme effréné de ses voitures de course et, s’il ne satisfera pas les lecteurs et lectrices avides de réponses, n’en reste pas moins fascinant pour sa proposition surprenante et ses passages bouleversants.