(Re)lire : Une histoire naturelle des dragons – Mémoires par Lady Trent tome 1

Dans (Re)Lire, nos rédacteurs se penchent sur des œuvres qui ne sont pas des nouveautés, mais qui ont marqué la littérature. Qu’il s’agisse de succès intemporels ou d’ouvrages injustement méconnus, venez (re)découvrir ces pépites du passé à nos côtés. Livre lu en anglais.

Il faut dire que la couverture de ce beau roman est saisissante : l’anatomie d’un dragon, des os à la peau, riche de détails précis pour les yeux ébahis des lecteurs. Le texte, enluminé par des illustrations semblables, est de même nature, car on y découvre les premières aventures de Lady Trent, (future) plus grande draconologue de son temps. Un vrai coup de coeur !

Une expédition dangereuse

Ce premier tome raconte la première expédition de cette naturaliste, alors qu’elle n’a que 19 ans, vers la Vystranie, une terre de montagnes et de dragons, qu’elle aimerait pouvoir contempler de ses propres yeux. L’ambiance est celle de l’Angleterre pré-victorienne, à la fois dans la description de la société huppée que parcourt l’autrice dans la première partie du livre et dans la langue qu’elle manie avec brio, littéraire et relevée. Alors que la Lady Trent qui raconte son histoire semble âgée et avoir connu une véritable révolution industrielle et scientifique, ses premières aventures sont celles d’un autre monde, où les fusils peuvent affronter les dragons. Cette expédition ne sera pas sans dangers, rencontrera des difficultés et causera des douleurs, mais le charme de ce livre ne repose pas vraiment sur le frisson de la peur.

Une histoire de science et de passion

Ce livre n’est donc pas sans aventures, sans relations sociales, voire amoureuse, mais il repose avant tout sur sa construction narrative : une savante chevronnée raconte ses débuts rarement glorieux, mais souvent drôles et impertinents, avec une finesse qui fait de ce roman de véritables mémoires. La rencontre avec d’autres sociétés et leurs coutumes est intrigante, et le livre prend parfois un aspect ethnographique qui est singulièrement plaisant. Les dessins qui parsèment les pages renforcent cette immersion dans l’expédition, parce qu’ils dépassent le statut d’illustration pour faire vraiment partie de l’œuvre : on croirait y voir les dessins que l’autrice raconte croquer pendant ses aventures, et on sent presque sous ses doigts le carnet de notes qu’elle emporte partout avec elle. C’est donc un livre vraiment intelligent que l’on prend plaisir à découvrir au fur et à mesure de pages qui se tournent plus vite qu’on ne le croit.

Cet ouvrage jongle avec talent entre plusieurs genres : le roman d’aventures de fantasy, le livre de description naturaliste, le carnet d’ethnographe, tout en traitant des problèmes de genre et des différences entre les cultures. On y est happé de bout en bout, au point de regretter, arrivé au dernier chapitre, qu’il n’y ait pas plus de pages ! Que ce soient les premières expérimentations de la jeune fille ou le périple de la femme, les aventures de Lady Trent sont plaisantes et rafraîchissantes et, comme les froids torrents de Vystranie, donnent envie de vite rentrer au chaud pour ouvrir les pages d’une nouvelle aventure. À lire absolument !

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑