La brume l’emportera, le succès de Stéphane Arnier

Ressorti en poche en mai cette année, La brume l’emportera est sans doute le roman le plus connu de Stephane Arnier. Cette histoire de fantasy atypique sur le deuil, la résilience et l’amitié est d’ailleurs en lice pour le prestigieux prix Livraddict 2025.

« Est-ce que je vous ai déjà dit que je me sentais perdu, ce soir-là ? Eh bien, je l’étais encore un peu plus. Maintenant, Maramazoe avait une fille et, comme un fait exprès, elle allait la chercher à Ketuma – le doux visage de ma femme est revenu me hanter. Le chemin ? Bien sûr que je connaissais le chemin. Pourquoi pensez-vous que je rechignais tant à gravir cette foutue tour ? C’était aussi parce que j’avais la frousse d’emprunter à nouveau les sentes de l’ouest. Trop de souvenirs heureux, à Ketuma. »

La brume l’emportera, Stéphane Arnier

Un air de fin du monde

La brume monte inexorablement en faisant disparaître tous ceux qu’elle touche. Bientôt, elle engloutira le monde entier. Bien qu’il ait tout perdu, Keb Gris-de-pierre, grimpe lui aussi, vers les plus hauts sommets, dans l’espoir de lui échapper. C’est durant son ascension qu’il fait la rencontre de la féroce guerrière Maramazoe. Rejetée par son peuple, elle semble en savoir beaucoup sur l’origine de la brume et sa mystérieuse magie. Bien qu’elle soit issue d’une ethnie ennemie, Keb va être contraint de s’associer à elle et de l’accompagner dans sa quête aux mille dangers pour dissiper la brume.

Duo

Ce qui séduit en premier dans ce roman qui mêle inspirations polynésiennes et occidentales, c’est son duo de personnages que tout oppose. Keb est un berger grincheux, poltron et défaitiste, tandis que Mara possède une personnalité solaire, la force de dix hommes et un enthousiasme à toute épreuve. Leur coopération est l’occasion pour chacun de comprendre un peu mieux la culture de l’autre et de dépasser ses préjugés. Contraints de s’entraider pour survivre, leurs différends initiaux cèdent peu à peu la place à une véritable amitié.

Fidèle à ses thèmes de prédilections, Stéphane Arnier parle ici de la culpabilité, du deuil, des regrets et torture ses personnages avec des dilemmes moraux complexes. Mara, coupable d’avoir mené son peuple dans une guerre qu’il ne pouvait gagner, cherche la rédemption. Keb, inconsolable après que sa femme enceinte ait été effacée par la brume, est à la recherche d’un moyen de changer le passé. Avec sa plume si singulière, l’auteur nous fait vivre les sentiments et les doutes qui les traversent à travers les monologues de Keb, qui joue les narrateurs durant tout le roman, et à l’aide de dialogues ciselés.

Avec son récit aux airs de voyage initiatique, La brume l’emportera est un roman de fantasy qui mêle une grande aventure pour la sauvegarde du monde à un récit intimiste, particulièrement juste quand il s’agit d’aborder les doutes qui traversent ses personnages. Une histoire addictive, aussi riche en émotion qu’en action.

S’inscrire à notre newsletter mensuelle :

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑