Carnage : le meilleur de Junji Ito en un recueil ?

Cela fait désormais quelque temps que la maison d’édition Mangetsu s’est lancée dans de vastes rééditions (et éditions inédites) des œuvres de l’un des plus grands mangaka d’horreur de ce siècle, à savoir Junji Ito. Après de nombreux recueils et intégrale, toutes de très belles factures et toujours conclu par une postface de « l’expert numéro 1 d’Ito », Morolian, voilà que se profile à l’horizon Carnage, une nouvelle sélection de très bonne qualité de récits du maître.

Des nouvelles de haute volée

La sélection proposée dans cette édition s’avère diablement plus rafraîchissante que certains recueils parus précédemment chez Mangetsu. Loin de donner l’impression d’avoir fait le tour de ce que pouvait proposer le mangaka, Carnage confirme que, oui, il y a encore beaucoup de choses à découvrir dans la fascinante production de Junji Ito.

En témoignent ces récits d’horreur plus sombres, mais aussi plus maîtrisés dans leur final, que sont Fragments d’horreur ou ceux présents dans Les Cauchemars de Mimi.

Les ravages de l’esprit, le climat anxiogène de la condition féminine et même les travers de l’amour dans leur plus totale toxicité, voilà le genre de thématiques frontales inattendues qui témoigne de l’engagement social de l’auteur, chose jusque-là absente de ses histoires. Pour les fans de la première heure, celles et ceux qui préfèrent l’horreur, on retrouvera quand même des amplifications délirantes de phénomènes du quotidien, marque de fabrique du mangaka, comme d’avoir la peau (très) grasse avec Lipidémie ou bien de rire à (vraiment) en mourir dans Prime-Time hanté.

Dans l’ensemble, les thématiques abordées se révèlent plus sérieuses, avec parfois, sans s’y attendre, de très belles envolées poétiques, comme dans Les Damnées, véritable coup de cœur personnel. On virevolte aussi autour de sujets plus étranges, comme celui de cette jeune fille aux multiples strates dans Stratophobie, et l’on s’émeut d’une histoire d’amour impossible dans Le Val miroitant.

Encore une fois, c’est un vaste panel d’émotions que propose Junji ito dans cette sublime sélection qu’est Carnage, auquel s’ajoute, comme d’habitude, une pertinente et exhaustive analyse de Morolian en fin de tome. Un immanquable qui se place au niveau des must-have dans une bibliothèque de mangas d’horreur !

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