Tomie : le plus grand récit de Junji Ito est de retour en format poche !

En 2021, les éditions Mangetsu décidait d’entamer une vaste réédition des œuvres de Junji Itô, en commençant par une édition grand format intégrale d’un de ses plus grands récits : Tomie. Ce 19 novembre 2025 sort le deuxième tome de sa réédition en format poche, ce qui nous donne l’occasion de revenir sur ce manga phare du maître de l’horreur japonais !

Qu’est-ce que Tomie ?

Vingt-quatre ans de la vie de Junji Ito traversent cette succession de courtes histoires horrifique, toutes reliées par un être à la beauté diaphane, voire inhumaine : Tomie, une jeune femme démembrée par les élèves de sa classe et devenue un esprit vengeur inarrêtable.  Digne héritier de Kazuo Umezu, Junji Ito démarre sa carrière par une volée de pages pour un concours d’histoires courtes en manga, mettant en place la légende de Tomie et dessinant déjà les contours d’un personnage qui deviendra iconique. Récompensé d’une mention honorable, voilà que la motivation nécessaire au lancement de sa carrière trace son chemin dans l’esprit du monsieur, alors prothésiste dentaire. Le phénomène Ito est lancé, et sa carrière nous dévoilera des créations illustres de l’horreur japonaise, tel le fameux Spirale, ou de démons facétieux comme un certain Soïchi. 

À travers les divers chapitres servant de bases à Tomie, on découvre aussi l’évolution graphique du mangaka : d’abord brouillon, le trait propose vite des visages plus affinés et une horreur toujours plus graphique. Pourtant, si les premiers chapitres peuvent rebuter, on y trouve déjà les graines d’une horreur hypnotisante et visuellement marquante. 

Une femme fatale

Quant à la fameuse Tomie, difficile de faire état de tout ce qui en fait un personnage phare de l’horreur japonaise. Sa filiation évidente aux mythes des yokai et autres esprits vengeurs participe déjà à lui donner une aura réelle et impalpable, aussi brumeuse que l’esprit des hommes cherchant à s’accaparer l’attention de cette femme fatale.

Pourtant, son charme ensorceleur se couple à une vanité sans pareille. Toujours plus avide d’attention et de preuves matérielles, Tomie fait ainsi miroiter à son élu l’espoir de garder une maigre place dans son cœur moribond. C’est pourtant cette addiction délirante qui pousse les hommes à finalement tuer l’objet de tous leurs désirs et fantasmes, dans un carnage sanglant aux victimes collatérales toujours plus nombreuses.

Il faut dire que cette femme fatale se répand comme un virus, contaminant sang, peau, murs et autres environnements, incapable de véritablement mourir et toujours en recherche d’une nouvelle victime. C’est d’ailleurs cette composante virale qui donne lieu à une succession de scènes graphiquement somptueuses, où le body horror fait loi. Les jeunes femmes se révèlent être le seul rempart entre Tomie et la fin d’un monde, même si son influence semble se restreindre à de petits rassemblements sectaires en son honneur. 

Il ne faudra cependant pas attendre de véritable conclusion à l’histoire du personnage et à ces vingt-quatre ans de traque, Ito préférant nous laisser dans le doute concernant la disparition de Tomie. Après tout, ne dit-on pas que le mal incarné ne peut jamais véritablement mourir ?

Avec Tomie, Junji Ito signe une œuvre d’art intemporelle, fruit de vingt-quatre ans de travail, dont la ressortie en poche mérite toute votre attention !

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