De l’or dans les mains est le second roman d’Eva Martin aux éditions Critic, le premier étant Miska et se déroulant dans le même univers. Néanmoins, De l’or dans les mains est un one-shot, il n’est donc pas nécessaire d’avoir lu Miska pour apprécier l’intrigue de ce second roman. Celui-ci met en scène l’histoire d’une voleuse dans un monde où certains personnages ont des pouvoirs particuliers, un charme, pour lequel ils sont discriminés.
L’histoire
Artane, voleuse surdouée, écume les rues de Blanchevue. Il faut dire qu’elle possède quelques facilités : son charme la dote d’une dextérité hors norme. Mais être une charmeuse signifie aussi vivre au ban de la société. Heureusement, en tant que membre de la pègre locale, la monte-en-l’air se préoccupe peu des mille et une règles qui contraignent ses semblables à une existence difficile.
Jusqu’à une succession d’ennuis. Une mission ratée. Un patron chatouilleux, pour qui l’échec n’est pas une option. Un garçon incapable de contrôler ses dangereuses capacités. Le maigre espoir de mettre la main sur un trésor que tout le monde convoite, le tout dans une Caldécie au bord de l’implosion… Artane aura fort à faire pour tirer son épingle du jeu et ne pas laisser sa vie voler en éclats.
Un style d’écriture comme point fort du roman
Dès les premières pages, nous pouvons constater un gros travail sur le style : Eva Martin manie à la fois l’argot, un registre soutenu et des tournures archaïsantes pour coller à une réalité temporelle antérieure à la nôtre. Cette richesse lexicale crée forcément une distance entre le lecteur et la protagoniste, mais qui n’est nullement dérangeant dans un cadre de fantasy médiévale. Cependant, ce travail apporte un moins bon côté : les premiers chapitres souffrent d’un excès de worldbuilding, rendant la lecture complexe, d’une part à cause du style auquel nous devons nous habituer et d’autre part à cause du système de magie (de charmes dans ce récit), ainsi que de la politique qu’il faut appréhender. Le roman est néanmoins accessible une fois cette difficulté passée.
Mais une histoire convenue et peu originale
Si le style séduit par son travail, le fond se révèle plus inégal. Les personnages restent globalement classiques : Artane dans son rôle d’héroïne fermée à l’attachement, Naël l’adolescent en quête d’identité et d’appartenance, et d’autres personnages secondaires assez caricaturaux. La narration à la première personne permet de plonger dans les pensées d’Artane, mais son caractère antipathique ne permet pas de s’identifier à elle. De plus, son arc évolue de façon trop abrupte dans les derniers chapitres. Elle fait un choix qui va à l’encontre de son histoire et de son objectif du début du récit, et elle ne pense pas aux répercussions que ce choix provoque. Nous n’entendons plus parler, par exemple, de son patron à Blanchevue ou de sa région d’origine. En outre, l’intrigue reste prévisible et le rôle de chaque personnage est défini dès leur rencontre. Si le dénouement n’est pas surprenant, le récit demeure fluide.
| De l’or dans les mains est un roman intéressant de par son style, mais qui peine à convaincre par ses autres aspects. Le rythme est fluctuant, les personnages caricaturaux et peu originaux, et il souffre d’une intrigue dont on peut prévoir la fin. Ce deuxième roman d’Eva Martin n’est pas à la hauteur de son premier. |
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